Cameroun: COVID-19, ces décisions gouvernementales qui peuvent favoriser la contamination.

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Les décisions du gouvernement, sans toutefois leurs ôter toutes formes de pertinence, peuvent avoir pour conséquence un effet inverse de l'action initialement voulue. L'on peut comprendre que face à la situation inédite qu'impose le COVID-19, l'on constate qu'il y a un ensemble de décisions prises dans la précipitation et surtout qui résulte du mimétisme expérimental en provenance des Etats déjà accablée par cette pandémie inédite.

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Selon  le sociologue Christian Morel : « Il arrive que les individus prennent collectivement des décisions singulières et agissent avec constance dans le sens totalement contraire au but recherché». Au Cameroun, l’on observe que la volonté de freiner la propagation du COVID-19 existe bel et bien au sein de l’appareil décisionnel. Pourtant, lorsque l’on fait une observation empirique de la société camerounaise a l'épreuve de la structuration des mentalités individuelles, et du fonctionnement collectif, on constate que certaines décisions prises concernant le COVID-19, surtout les plus importantes dans notre société aurait plutôt tendance à faciliter la propagation du virus CORONA.

Certaines mesures de confinement tel qu’énoncées sont inapplicables à l’observation de notre société. L’on ne saurait faire de copier-coller décisionnel. Ce qui se passe en France en Chine ou en Italie reste bon pour ces territoires. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Mais lorsque l’on parle de mesures exceptionnelles, il faut surtout parler de mesures adaptées. Depuis son entrée au Cameroun, le COVID-19 à pousser le gouvernement à prendre 13 mesures qui circulent déjà partout. Mais nous voulons revenir sur les mesures dont la pertinence peut sembler toutefois remise en cause.

La fermeture des marchés à 16 heures.

Au Cameroun, les marchés sont « supposés » fermer à 17 heures précise. Pour freiner la propagation du virus, il a été décidé de réduire d’une heure l’heure de fonctionnement des marchés. Pourtant, l’on sait clairement que les travailleurs camerounais jusqu’ici ne sont pas sous le coup des mesures de confinement et que ces derniers sont au travail jusqu’à 15 heures 30. L’on observe donc de vraies bousculades dans les marchés et les supermarchés en début d’après-midi. Pourquoi ne pas plutôt prolongé l’heure d’ouverture des marchés jusqu’à minuit permettant plutôt de faire circuler plus calmement les populations dans les marchés, avec l’appui des forces de l’ordre qui veilleront donc à l’application des mesures de restriction en faveur du respect de la distance de sécurité.

Interdire la surcharge :

La surcharge ou « bachement » est le fait de mettre dans un véhicule un nombre de passagers excédant celui prévue par la loi et les concepteurs du dit véhicule. Cette activité est interdite par la loi et fait l’objet de non remboursement par l’assurance en cas de sinistre sur un véhicule contrevenant à la règle. Bref c’est interdit de surcharger. Moto-Taxi, Taxi, véhicules privés, tout le monde bache au Cameroun.

Comment   Interdire un interdit ?

Interdire un interdit revient préalablement à légitimer, voir à légaliser cet interdit. La surcharge dans les véhicules de transport en commun et même des véhicules personnels semble avoir été normalisée au Cameroun. Ce point n’étant pas l’objet de notre article, il convient plutôt de démontrer à quel degré prôner "la non surcharge" est absurde comme mesure de prévention contre la contamination. Il est urgent de suspendre le transport par taxi. Pourquoi ?

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Tout d’abord la dimension des véhicules :

 Les taxis au Cameroun sont pour la plupart des véhicules d’origine japonaise. Ceux sont de petits véhicules qui ne peuvent faire respecter les consignes de distance de sécurité. Dans un taxi, l’on peut se retrouver à 5 à l’intérieur, mais la distance qui sépare les trois passager arrière est nul, et celle qui sépare le pilote du véhicule de son passager direct est de 20 cm à peine. Dans les véhicules de transport interurbain, la situation est des plus critiques, ces véhicules font du ramassage le long des trajets et, qu’ils aient une capacité de 21 places ou de 16 place, avec une rotation cliente de 5 à 6 clients qui montent ou descendent du véhicule cette activité exposent vite à la contamination. Alors comment pouvons-nous interdire l’exception pour prendre la règle comme mesure d’exception. 

Par ailleurs les Moto-taxis ou BendSkin, qu’il surcharge ou pas sont en contact avec leurs clients, et l’on sait que le virus Corona a une durée de vie relativement longue et est capable de rester sur les vêtements durant plusieurs heures. La situation décrite montre à suffisance que le nombre de clients que peut porter un moto-taximan qui doit faire sa recette quotidienne dépassera largement 50 personnes. Le nombre qui est prescrit comme masse critique de rassemblement en un lieu précis.

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Les forces de sécurité sollicitées

Apeurées et déboussolées, nos forces de défense et de sécurité, principalement ceux du corps de la police sont mis dans l’embarras. Une situation qui échappe tant à la hiérarchie de la police qu’aux agents de la santé, qui apprendront la gestion des risques sanitaires sur le terrain. Habitué à avoir pour ennemie des êtres humains lors des manifestations ou des guerres, les forces de sécurité ne sont pas équipés pour faire face à l’épidémie de COVID-19. Peut-on combattre l’épidémie avec des matraques et autres bouclier anti-émeutes ? Les rues sont pleines de policiers et élèves policiers qui pour leur baptême de feu font face à un ennemi invisible.

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Les jours à venir, doivent passer par une évaluation des différentes mesures prises. Mais surtout à une véritable adaptation de ces mesures au contexte qui est celui du Cameroun. Bien que la volonté du gouvernement est perceptible en matière d’éradication de cette maladie, il est clair qu’il faut intégrer les paramètres de fonctionnement sociologiques voir anthropologique des populations. Malheureusement, l’on observe une réelle volonté d’appliquer dans la stricte mesure les règles édictées par les puissances occidentales dont la structure sociale, sociétale et le civisme ne sauraient être pareil à celle de l’Afrique. La réalité du terrain exigerait d'avoir des mesures propres au Cameroun et qui n’exposent pas les individus à la propagation de ce virus.

ENPDG.