Cameroun: COVID-19; cours en ligne, pourquoi les étudiants n'en veulent pas?

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En réaction à la mise sur pied d'une plateforme académique pour continuer de dispenser les cours, un mouvement estudiantin alerte les autorités académiques sur l'inefficacité de cours en ligne conséquence de la pandémie COVID-19. Ce mouvement voudrait ainsi que l'on prenne en considération les difficultés quotidiennes, déjà existantes en milieu universitaire et que les mesures gouvernementales ne soient pas inégalitaire.

Comment envisager les cours en ligne dans les universités Camerounaises pourtant 30% d'étudiants n'ont ni les téléphones androïdes, ni des ordinateurs portables. Nous ne pouvons pas balayer les efforts du président Biya dans ce sens, que nous saluons en toute gratitude, mais nous pensons que beaucoup reste à faire pour envisager les cours en ligne. Voici 7 points à relever :

1- Environ 30% des étudiants n'ont pas de téléphones Androïdes.

2- Environ 47% n'ont d'ordinateurs portables. Dans les 47%, environ 8% ont des ordinateurs sans webcam.

Vous allez sûrement nous demander, où sont passés leurs ordinateurs PBhev, nous avons fait le point là-dessus et proposons ceci :

# les étudiants du niveau 1 ayant fait leur entrée à l'Université en 2019 n'ont pas des ordinateurs PBhev.

# Environ 30% d'étudiants déclarent leurs machines hors circuit (ne fonctionnent plus).

# Environ 20% déclarent avoir vendu leur machine pour payer leurs pensions ou pour d'autres fins.

# Environ 5% déclarent avoir eu les machines qui ne se sont jamais allumées ou qui ont été volées.

3- Environ 25% d'étudiants n'ont ni téléphones androïdes, ni ordinateurs.

4- Certains parents peinent déjà à payer la pension de leurs enfants, sans compter ceux qui sont au chômage COVID-19. Nous ajoutons ceux des étudiants qui payent eux-mêmes les frais universitaires et qui sont en confinement en ce moment.

Au regard de tout ceci, on ne peut pas espérer des miracles de ces derniers d'en procurer ces outils facilement à leurs enfants.

Considérons que les conditions citées plus haut sont réunies, il y aura d'autres obstacles :

5- Problème d'énergie : ENEO.

La grande majorité des étudiants sont en déplacement dans les villages, banlieues et dans les villes. Les machines et les téléphones ont besoin d'électricité pour fonctionner et certains de ces outils ont des problèmes de décharge rapide ou n'ont même plus d'autonomie. Donc vu les coupures intempestives, ce problème d'énergie peut à lui seul être à l'origine d'une non-participation de 40%

6- Problème de connexion : vous êtes sans ignorer ce problème au pays. Toutes les zones au Cameroun ne sont pas couvertes en réseaux. Même si c'était le cas, ces réseaux sont saturés en permanence, à moins qu'on organise les cours à partir de 23h.

7- Problème de données internet (mégas) : 2h de cours en ligne coûte environ 500 Mo et si on a 6 matières de 4h par semaine, ça fait 24h/semaine, 12Go ou 12000F/semaine, énorme. L'étudiant qui peine déjà à se nourrir va prendre cet argent où ?

Si les universités tiennent vraiment à faire ces cours, elles doivent mettre sur pied des mesures d'accompagnement aux étudiants afin de faciliter l'accès à internet. Pour ce elles doivent signer les conventions avec MTN, ORANGE et NEXTEL pour un accès gratuit aux données pour les applications de cours en ligne ou du moins, minimiser les coûts d'internet.

Près de 30% d'étudiants étant sans ordinateurs ni téléphones androïdes, nous demandons aux autorités universitaires de revoir ces cours car pour nous, syndicat d'étudiants Camerounais, ce pourcentage n'est pas négligeable.

Notre rôle est de défendre les droits des étudiants "faibles", défavorisés et vulnérables.

Partagez ce poste pour attirer l'attention de la communauté universitaire.