Le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI) semblent être sur la même longueur d’onde. C’est ce qui se dégage des premiers jours de la 4e revue du programme économique baptisé Facilité élargie de crédit (FEC), signé le 26 juin 2017 entre les deux parties.

Autant le Cameroun aborde cette revue avec optimisme, autant la délégation du FMI conduite par Corinne Delechat, montre des signes positifs concernant l’issue de la mission qui s’étale du 23 avril au 3 mai prochain, au Cameroun. En effet, au sortir d’un entretien hier avec le ministre camerounais en charge de l’Économie, Mme Delechat a déclaré «le Cameroun continue de bien se comporter au niveau du programme qui s’inscrit dans la stratégie de redressement de la Cemac en entier».

Et pour cause, a-t-elle, poursuivit, le Cameroun a contribué, depuis le début de la FEC de façon majoritaire à la reconstitution des réserves de changes de la Banque centrale (Beac) grâce aux efforts de consolidation budgétaires et d’améliorations des recettes non pétrolières. «La réunion du conseil d’administration du FMI se tiendra en juin [2019] pour examiner le dossier. Nous allons discuter ensemble des paramètres qui vont permettre une issue concluante de cette revue. Mais je pense qu’on a en mains les atouts pour réussir», a affirmé Corinne Delechat.

Toujours selon le chef de mission du FMI, son équipe a constaté de gros efforts de rationalisation depuis le début du programme économique au Cameroun, à travers par exemple la baisse des dépenses courantes et une rationalisation au niveau des dépenses d’investissements. «La performance du Cameroun au titre du programme continue d’être satisfaisante. On a constaté une progression nette des recettes non pétrolières, une consolidation budgétaire plus ou moins en droite ligne du programme. Il y a eu dépassements de certains critères du programme, mais on est confiant de nous mettre d’accord sur les paramètres pour conclure la revue de façon satisfaisante pendant la mission».  

Depuis le début de la FEC qui s’étale sur trois ans (juin 2017 — juin 2020), le Cameroun a déjà bénéficié d’une enveloppe cumulée de 245 milliards FCFA, sur un montant total attendu en fin de programme d’à peu près 396 milliards de FCFA.

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Congelcam, l’entreprise qui contrôle 80% du secteur du poisson au Cameroun, est interpellée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.

Dans une note servie à l’entreprise le 15 mars 2019, le ministre du Commerce convie le président-directeur général de cette entreprise, à se faire représenter à une réunion de concertation que le ministre va lui-même présider le 20 mars 2019 à Yaoundé. Le sujet qui sera en débat concerne la « flambée des prix du poisson sur le marché ».

En effet, depuis plusieurs semaines, les ménagères ont constaté une hausse du prix du poisson en catimini sur le marché. Le coût par exemple du maquereau, très prisé par les couches peu nanties, a grimpé de 1 500 à 2 000 FCFA dans certaines poissonneries.

Congelcam ne sait pas encore prononcer sur la question. Selon Luc Magloire Mbarga Atangana, cette inflation du prix du poisson peut occasionner des «risques de perturbation de l’ordre social»au Cameroun.  

Selon les dernières données produites par l’Institut national de la statistique (INS), les quantités de poissons surgelés importées par le Cameroun en 2017, se situent à 181 678 tonnes pour une valeur de 114,3 milliards FCFA. Les opérateurs impliqués dans l’importation de ces poissons surgelés au Cameroun, s’approvisionnent principalement à hauteur de 50,6% sur le marché africain (Mauritanie, Sénégal), 12,9% en Europe (Irlande) et 19,6% en Asie (Chine).

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Selon les états financiers officiels du groupe MTN, publiés le 8 mars 2018, la filiale au Cameroun de cet opérateur télécoms a perdu 2,4 millions d’abonnés entre juin 2017 (9,5 millions d’abonnés) et décembre 2017 (7,1 millions d’abonnés). Une réduction drastique (la plus importante depuis l’arrivée de MTN sur le marché camerounais) du parc d’abonnés, qui a fortement déteint sur les performances globales de l’entreprise, au 31 décembre 2017. 


Pour preuve, l’EBITDA (bénéfice avant impôts et amortissements) de MTN Cameroun est tombé à environ 58,5 milliards FCFA (1304 millions de rands) à fin 2017, après avoir atteint un peu plus de 93 milliards FCFA (2065 millions de rands), un an auparavant ; soit une baisse significative d’environ 34,2 milliards FCFA (761 millions de rands). Ce recul colossal enregistré sur le bénéfice brut de l’entreprise est lui-même consécutif aux contre-performances alignées par l’opérateur sur tous les segments de son activité d’exploitation en 2017, exception faite de la commercialisation de la data (internet) et des services digitaux. 

En effet, la lecture des états financiers du groupe MTN révèle qu’au cours de l’année 2017, le chiffre d’affaires de MTN Cameroun a régressé de 36,6 milliards FCFA, passant de 277,2 milliards FCFA en 2016, à seulement 240,6 milliards FCFA en 2017. 

Même si les revenus générés par les SMS et la voix entrante ont tous chuté, les plus grosses pertes ont été enregistrées sur la voix sortante, segment sur lequel les revenus du leader du marché du mobile au Cameroun ont diminué de 35,6 milliards FCFA, passant de 171,1 milliards FCFA en 2016 à seulement 135,5 milliards FCFA, l’année dernière. Autant d’indicateurs qui font désormais réfléchir le groupe sud-africain des télécommunications, sur l’opportunité de poursuivre ses investissements sur le marché camerounais 

En effet, s’exprimant le 9 mars 2018 à Johannesburg, Ralph Mupita, le directeur financier de MTN International, a annoncé que ce groupe sud-africain des télécommunications étudie actuellement la possibilité de réduire la taille de son marché en Afrique et au Moyen-Orient, en cédant notamment certaines de ses 22 filiales. Ceci, apprend-on, en raison de l’étroitesse de certains marchés, de l’état de guerre dans lequel sont empêtrés certains pays dans lesquels l’opérateur est présent, et des rapports tumultueux avec les régulateurs de certains autres pays. 

C’est dans cette dernière catégorie que le groupe MTN classe sa filiale camerounaise, à cause notamment d’une amende de 3,5 milliards de francs CFA qui a été infligée par le régulateur local à cet opérateur, en août 2017, pour manquements aux obligations liées à l’identification des abonnés et à l’usage des fréquences radioélectriques. Cette amende était assortie d’une réduction d’un an sur la validité de la licence d’exploitation de MTN Cameroun (renouvelée en mars 2015 pour une durée de 15 ans), et d’une injonction de désactiver 3 millions de cartes Sim. 

Les arriérés de cotisations des pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) s'élèvent à 35 milliards de francs CFA, a déclaré mardi dans la capitale tchadienne, Mangaral Banté, conseiller des réformes institutionnelles de l'organisation.

"L'institution fait face à un problème de sous-financements chronique qui s'aggrave au fil des temps. Le taux de recouvrement des contributions des Etats membres est en baisse régulière. Il est passé de 73% en 2013 à 11% en 2017", a fait remarquer M. Banté qui s'exprimait à l'ouverture d'un atelier régional sur le rapport provisoire de l'étude d'évaluation du mécanisme de financement autonome de la CEEAC en cours depuis mardi à N'djamena.

"En même temps, le stock des arriérés des contributions augmente à raison de 5 milliards de francs CFA par année; il atteignait au 31 décembre 2017 un montant de 35 milliards de francs CFA, soit près de trois années de contributions des Etats membres", a-t-il ajouté.

La CEEAC a créé une contribution d'intégration communautaire (CCI), un préalable stratégique pour atteindre les objectifs fixés par son traité fondateur, mais la plupart de ses pays n'appliquent pas le dispositif de cet organisme spécialisé.

A cette occasion, le secrétaire général adjoint du ministère tchadien du Développement industriel, commercial et de la promotion du secteur privé, Mbaïkonbé Guétimbaye Abel a exhorté les pays membres "à l'implication de l'ensemble des administrations nationales compétentes en vue d'une plus grande appropriation de ce mécanisme de financement, mais surtout organiser les bases d'une amélioration de la situation financière de notre communauté dans une double dimension d'apurement des arriérés de contributions et d'amélioration des procédures de recouvrement".

Le rapport provisoire en cours d'examen sera soumis au conseil des ministres en charge des Finances et du Commerce prévu les 13 et 14 mars prochain à N'Djaména.

Créée en 1983, la CEEAC a pour mission de conduire le processus de coopération et d'intégration en Afrique centrale. Elle compte onze pays : Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa, Gabon, Guinée équatoriale, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, et Tchad.

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