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Gontran ELOUNDOU

Expert

Le Cameroun vit les heures les plus sombres de son histoire. Une histoire que des milliers de citoyens ont perdu de vue, une histoire qui leur aura été arrachée progressivement, voire effacée. La paix et l'harmonie d'autres fois laissent place, peu à peu, à la violence et au désordre. Communautarisme tribal tout azimut, guerre de sécession, terrorisme, pauvreté, corruption générale, problème de gouvernance, voilà un résumé global qui décrit clairement notre société. Les Camerounais ne sont plus le peuple épris de paix qui a tant suscité l'admiration de tous les Etats de notre continent, nous dirons même du monde entier. Comment avons-nous fait pour en arriver là ? Voilà une question qui mérite d'être posé, surtout que nous savons que le pire peut encore être évité. Éviter le chaos, qui ne semble plus être lent, le chaos qui arrive à grand pas.

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L'histoire du Cameroun s'est faite au prix de grands sacrifices, le sang versé par nos ancêtres dans les travaux forcés durant la colonisation a permis que notre pays soit doté de routes, de chemin de fer, de ponts, et même de bâtiments. Le sang versé par les premiers leaders politiques indépendantistes avec à la clé des millions de morts dans plusieurs villes de notre pays. Morts dont la conséquence a donné le Cameroun grand gagnant. Il a gagné son indépendance, et aussi, il a gagné une démocratie à la sortie de l'ère coloniale. La volonté d'unir ce pays qui présentait déjà les signaux de la fragmentation et du repli identitaire a été l'œuvre de la première République de notre pays, il faut le dire, cela aussi s'est fait au prix de nombreux sacrifices. Cette unité, douloureusement construite a été le socle de la nation camerounaise et aujourd'hui nous en sommes fières. La conquête de la liberté d'expression et de la démocratie aura été le parachèvement d'une lutte acharnée qui aura connu également des sacrifices importants. Le Cameroun s'est construit sur le sang. Sang des martyrs qui au prix de leur vie ont tout fait, tout donné pour que ce pays rayonne à travers le monde. Un rayonnement dont l'éclat semble de plus en plus terne. Ternis par une inconscience collective qui doit être dénoncée.

Après tant de sacrifices consentit par notre pays, la préservation de ces acquis devrait être la seule motivation des Camerounais. Malheureusement, nous observons une réelle distance entre ce qui devrait être et ce qui est. Le patriotisme n'existe plus, le désir de progrès et de développement laisse place à l'individualisme nombriliste. Le respect des valeurs citoyennes disparaît. Les arnaques dans les services publics sont une norme, la recherche effrénée du plaisir n'est que la seule motivation des citoyens. La solidarité africaine s'amenuise peu à peu, désormais le seul maître est l'argent. La richesse du pays est inconsciemment dilapidée, la pauvreté grandit, les maux sociaux s'accroissent. Une peinture bien sombre qui ne laisse la place à aucune fiction. La division s'installe. Les conflits inters ethniques qui n'étaient que des incidents mineurs tendent à se répéter régulièrement. Ce qui laisse croire à une mésentente mutuelle générale. La gestion des crises est de plus en plus chaotique. La notion de l'arbre à palabres passe pour obsolète.

Il suffit d'une étincelle, et le Cameroun peut s'enflammer. La pauvreté et le désarroi qui mène au désœuvrement poussent les uns et les autres à chercher des exutoires. Ces échappatoires sont : la drogue, l'alcoolisme, et la débauche. Signes d'une société à l'agonie. Aujourd'hui, la violence prend le dessus. On peut recruter dans ce pays pour quelques milliers de francs des mercenaires capables de se donner la mort sous le fallacieux prétexte que leur famille survivra mieux. Les jeunes sont orientés vers le sexe, ils sont violents, ne parlent que d'argent, ils s'entretuent. Fuyant nos responsabilités l'on préfère accuser le système éducatif. Qu'en est il de la responsabilité des parents, sous hypnose télévisé, ils ont abandonné l'éducation de leurs progénitures aux enseignants à l'école, pourtant l'on sait que l'école instruit. Le désintérêt et le désamour qu'ont les citoyens vis-à-vis de leur propre pays se manifestent par un incivisme grandissant. Il suffit de regarder l'aspect de nos métropoles, le désordre urbain y est bien encouragé.

Le Cameroun est malade. Le malade souffre de l'intérieur et est pourchassé de l'extérieur. Le pays est en mal de gouvernance, il est tribalisé, divisé. Les hommes politiques semblent moins enclins à prendre leurs responsabilités. Proposer des thérapies pour ce grand malade est loin d'être leur rôle. Ils veulent être des stars qui paradent effectivement à la recherche non pas de l'accomplissement véritable de leur mission politique, mais plutôt le plaisir narcissique du pouvoir. Ils veulent de la reconnaissance. Ils se voient tous rois sans mesurer la lourde tâche qui est celle de conduire ce pays. Se faire applaudir est devenu une addiction, une dépendance qui dépasse le véritable appel sous le drapeau. Ils n'ont pas encore pris la mesure de la lourde mission politique qui est celle de trouver des solutions aux problèmes de ce Pays. Ce pays fonce droit dans un mur et nous en sommes tous responsables. La citoyenneté est d'abord une question individuelle.

L'observation de l'agitation internationale autour du Cameroun montre bien qu'il existe un plan extérieur pour ce pays. Est ce que les martyrs et héros de ce pays auraient pu accepter cela ? Auraient ils pu permettre que 60 ans après les indépendances, que ceux qui sont les causes de problèmes soient encore ceux à qui l'on demande de venir les résoudre ? Des Camerounais se réjouissent de savoir qu'une intervention extérieure viendrait libérer leur Pays. Avons-nous déjà vu un opposant d'un pays occidental souhaiter de l'aide extérieure ? La question du patriotisme est à revoir chez nous. Sommes-nous prêt à vendre ce pays aux autres pour venir à bout d'un adversaire politique aussi coriace soit il ? Il est important que les citoyens de notre nation multiculturelle se ressaisissent et mettent le Cameroun au centre de leur réflexion. Notre ennemi commun vient de l'extérieur. Il n'est pas Boulou, ou bamileke encore moins Bassa, parce que ces trois mots, désignent une richesse que l'on ne trouvera nul part ailleurs, à part au Cameroun. cette richesse culturelle doit être préservée. Cela passe par l'impérieuse tache qui consiste à prendre conscience de ce qu'aucun Camerounais aussi individualiste soit il ne saurait travailler contre son pays. Toute action positive menée sur le sol camerounais n'est faite que pour le rayonnement du Cameroun. Nous souhaitons le meilleur pour notre Pays et espérons que nous ne seront point la main criminelle qui finira par tout embraser.

Gontran ELOUNDOU

Analyste politique.

QUAND L'AVERSION ANTI-REGIME AMENE DES CAMEROUNAIS A SOUHAITER LE CHAOS POUR LEUR PROPRE PAYS : UNE EXPRESSION TYPIQUE DU COMPLEXE DU COLONISE.

A demi-conscients de leur déficience mobilisatrice qui résulte de leur prédilection pour le byzantinisme et la zizanie, nombre de camerounais ne savent que faire montre d'une disposition à la trahison de leur pays qu' ils veulent masquer derrière leur aversion pour le régime . c'est dans ce registre que nombre d'entre eux appellent quasiment de leurs vœux, des actions fortes voire destructrices d'ingérence étrangère et de neutralisation même musclée de leur souveraineté. Leur haine maladive et morbide du système gouvernant leur fait minorer les coûts exorbitants d'une dynamique de stigmatisation internationale du système gouvernant pour l'ensemble du pays et surtout pour les couches démunies et défavorisées.

Cette haine du système gouvernant glisse même vers une haine du pays comme quand on voit des gens censés être lucides qui soutiennent la barbarie ravageuse et furieuse des hooligans séparatistes parce qu'elle met en question le contrôle gouvernant, passant cyniquement par pertes et profits les souffrances infligées aux populations. les mêmes complètement versés dans la mauvaise foi patentée qui est le produit de cette aversion anti-régime exultent quand le parlement européen prend à parti le Cameroun en appelant même le gouvernement du Cameroun à négocier avec les séparatistes. pourtant, on sait par quel unanimisme, ces instances politiques officielles européennes ont réprouvé tout soutien aux séparatistes catalans pour conforter la volonté de l'Espagne de maintenir son unité politique. 

Avec une légèreté remarquable, ces gens immatures ne remarquent même pas que jamais ces cercles officiels européens n'ont invité le royaume d'Espagne à dialoguer avec des séparatistes catalans pourtant non armés !!! obsédés par le souhait de voir le régime s'effondrer du fait des effets de cette crise anglophone, ces gens à la fibre républicaine inexistante ou inconsistante ne mesurent pas les dangers que la réussite éventuelle du séparatisme armé Ambazonien comportent pour l'unité politique et nationale du cameroun.ont voit bien certains de ces acteurs fort peu au fait des dynamiques diplomatico- stratégiques, croire que le recours à des sanctions politiques et économiques contre les gouvernants et le pays conduira nécessairement vers l' effondrement du régime et appeler de leurs vœux de telles mesures qui sont mécaniquement draconiennes pour les populations et pour l' économie politique de leur nation!!! pourtant, l'expérience montre que bien des gouvernements africains ou non-africains ont résisté à de telles mesures et que ce sont plutôt les pays qui ont encaissé le gros des chocs. 

Les mêmes renégats stagiaires vont même jusqu' à souhaiter que le régime soit renversé par une intervention internationale contrôlée par l'impérialisme collectif des centres dominants occidentaux de la globalisation pan capitalistique. ils ne savent pas que de manière structurelle, une telle intervention ne peut correspondre qu' à l'imposition malicieuse d'une démocratie coloniale peu porteuse de chances d'une souveraineté concluante et productrice.

Mathias Eric Owona Nguini.

Déjà 7 mois que l'élection présidentielle au Cameroun est passée. Une élection qui aura révélé une nouvelle ligne politique que certains Camerounais découvrent. Le militantisme chez nous est encore une affaire de village, une affaire d'affinité, une affaire de communauté. une communauté représente un système au sein duquel des organismes vivants partagent un environnement commun et interagissent. La notion de communauté est également un concept du droit qui désigne un groupe de personnes possédant et jouissant de façon indivise d'un patrimoine en commun. Au Cameroun, désormais le communautarisme rentre de plein pied dans les affaires du politique. que l'on soit du coté du pouvoir ou non, le vrai mal est celui de la division. les hommes politiques sont désormais des gourous politiques. Sans vouloir indexer une chapelle politique au détriment d'une autre, les citoyens sont dans la confusion totale. Ils sont plus amoureux de leurs leaders et en ont oublier leurs messages (ceux des leaders). Tel des gourous, ils sont adulés sans raison idéologique, comparativement aux pasteurs des églises dites de réveil. Le Cameroun est assis sur une bombe, celle du communautarisme. L'observation symbolique de l'espace politique au Cameroun fait peur. Les positions des citoyens encore plus. Les extrêmes sont perceptibles et l'élégance en politique semble disparaître. Demander aux uns et aux autres s'ils savent pourquoi ils soutiennent un gourou au détriment d'un autre, très peu sauront vous dire la raison. Je peux vous dire clairement que la réflexion du citoyen n'est pas invité dans le jeu de la recherche du pouvoir. La politique est devenue dangereuse chez nous, l'implosion de notre cher et beau pays ne tient plus que sur.... rien.


On ne peut pas parler de communautarisme sans indexer cette communauté dite des "vieux". Ils sont au pouvoir depuis fort longtemps, certains ont vu le Cameroun naitre et continue d'occuper des positions préférentielle. Cette kakistocratie oligarchique semble de plus en plus se replier sur elle-même. Elle a peur d'une "Algérisation" de sa vache à lait. Les menaces sont multiples, elles proviennent à l'intérieur de son appareil avec la fuite des documents confidentiels, les prises de positions violentes de certains membre de cette élite. La montée des autres partis politiques extrémistes aussi semble être une réelle menace pour cette classe. La construction d'un discours de haine et de désaveu  contre cette classe dirigeante qui ne donne pas d'éléments d'une volonté d'un réel changement ou de progres politique. Elle continue d'arnaquer, de piller, de mépriser, d'infantiliser et de ridiculiser le reste des communautés et groupe sociaux qui ne semble plus être prête à accepter ce groupe qui après les échéances électorale se replient dans leur bunker de fortune batit à cout de milliards. Ils s'entendent et se regroupent au sein d'un parti et ne parviennent pas à faire face à la montée en puissance des 25 millions d'individus qui composent l'Etat dont ils ont la charge. L'on a pu à cet effet voir lors d'un débat télévisé un député de la nation incapable de tenir un argumentaire cohérent face à un jeune tout aussi impatient. Le communautarisme gérontocratie, qui détient tous les leviers de l'Etat et qui semble ne pas vouloir donner la possibilité aux autres d'exercer pleinement leur citoyenneté.


La jeunesse : certains pensent qu'ils suffit de clamer son appartenance à la jeunesse pour légitimement se reconnaître en l'image d'un leader qui semble plus se rapprocher de ses intérêts? L'image d'un chef de parti jeune qui, face à un député de la nation s'agace et tombe dans le piège de la nervosité semble convenir à cette jeunesse impatiente, qui veut en découdre avec cette oligarchie. Le communautarisme devient à ce niveau une affaire de reconnaissance d'une jeunesse avide de justice qui ne se soucie pas forcement du réel programme politique, ni de l'action citoyenne, mais plutôt soutien le leader capable de libérer les énergies. Quelles énergies faut-il libérer lorsque l'heure au Cameroun est à l'apaisement. Cette jeunesse a besoin d'un réel encadrement et non pas des invectives qui tendent à humilier un groupe d'individus au pouvoir plutôt qu'un autre.


Le communautarisme tribal propre au parti du Président dit "élu" se définit par une extrême violence et la promotion de la violation des lois. La liberté de manifester et peut être la liberté de faire du désordre. Revendiquer dans l'absurdité et vouloir faire accepter à la face du monde que l'on doit adopter le faux comme motif de revendication? Si vous n'êtes pas d'accord avec eux, on vous traite de tous les noms d'oiseaux, et même de poisson. Vous serez lynchés et peut être même on viendra chercher le nombre de poils qu'il y a dans vos narines pour démontrer au grand jour que votre nez n'est pas normal. Peinture sombre du pays où l'on vit si bien. Mais ou le groupe qui se revendique du président dit élu semble constituer à 90 %  des ressortissants de l'aire culturelle du gourou. Le dire peut donc devenir pour nous un crime. Du fait de mon patronyme, on va tout de suite me classer comme un consommateur de poisson. Mais pourtant la preuve des faits demeure. Et l'épreuve du temps l'approuve. Le parti du président dit élu est désormais un parti de type communautariste tribale. Sinon qui se souvient de l'idéologie de ce parti? 


Le communautarisme extrémiste. Amazonie voilà donc la forme extrême du repli. Ils ont un drapeau, des emblèmes, un hymne national, et sont décidés a quitter le Cameroun. Le conflit anglophone est cette forme de communautarisme qui a basculé dans l'enlisement de la violence extrême. Leur histoire et leur langue en ont fait une communauté a part entière. Malheureusement la classe dirigeante ne veut pas de dialogue, elle ne veut pas régler le conflit à l'africaine via un dialogue inclusif, pendant ce temps une élite originaire de l'aire culturelle anglophone prend violemment position. Le doyen Mukete 100 ans déjà et sénateur de la République du Cameroun, a dû lever le ton pour crier au scandale. Mais il ne semble pas être celui que l'on veut ou encore que l'on peut écouter. La zone anglophone meurt à petit feu. Les jeunes s'y entretuent. Jeunes guerriers séparatistes, contre jeunes guerriers militaires, un conflit qui a déjà fait des plusieurs centaines de mort, des millions de déplacés dont on ne saura jamais si il retrouveront le chez eux et surtout la paix. 


Le Cameroun est en proie au communautarisme sous toutes ses formes. Communautarisme tribal, communautarisme identitaire, communautarisme des castes, chaque communauté défend ses intérêts. Chose somme toute normale, mais qui ne correspond en rien à la construction d'une réelle unité nationale. Les symboles de l'unité nationale, autrefois, tournaient autour de la construction d'une identité camerounaise, donc l'incarnation fut la président de la République. Mais depuis l'avènement de la démocratie, le repli identitaire et communautaire est de plus en plus ressentit. La pauvreté et la précarité ont fini par créer de nouveaux replis, de nouvelle formes de communautarismes dont la conséquences fut le Boko Haram. Pauvreté qui engendre la haine et les rancœurs,  de réels ressentiments qui font que aujourd'hui tout  se mélange au discours politique. Les jeunes, les vieux , les pauvres, les riches, le communautarisme s'installe peu à peu avec son lot d'avatar, dont la peur du prochain, qui  est à son comble. Ils sont prêts à en découdre et n'attendent que l'étincelle qui va embraser la poudrière.

Gontran ELOUNDOU

Analyste politique.

© AP Photo / Mohammed El-Sheikhy

Dossier spécial

Début avril, les forces de l'Armée nationale libyenne (ANL) ont lancé une offensive sur la capitale Tripoli, quelques jours avant la réunion d'une conférence nationale pour discuter de l'avenir du pays. Le maréchal Haftar adoubé à l'est et à la tête de l'ANL entend "purger l'ouest des terroristes".

Le maréchal Khalifa Haftar, à la tête de l'autoproclamée Armée nationale libyenne, a lancé une offensive contre la capitale libyenne Tripoli début avril, faisant planer le spectre d'une nouvelle guerre civile dans le pays. Devenu maréchal il y a trois ans après avoir sécurisé le croissant pétrolier libyen, il a su s'imposer au terme de nombreuses années comme un leader militaire et il a bénéficié de puissants soutiens internationaux. Retour sur les faits d'armes de celui qui commanderait une force de 25 000 hommes (certaines sources parlent de 70 000 combattants).

La longue carrière militaire de Khalifa Haftar

À 75 ans, le maréchal Haftar a une longue carrière militaire derrière lui. En 1969, l'officier né à Ajdabiya, dans l’est du pays, participe auprès de Mouammar Kadhafi au coup d'État qui renverse le roi Idris Ier. Quelques années plus tard, il est envoyé au Tchad, en conflit avec la Libye. C'est une lourde défaite pour la Libye, au moins 1 200 des 4 000 soldats libyens sont tués, plus de 400 emprisonnés dont Khalifa Haftar. Désavoué par Kadhafi, il rejoint l'opposition et forme la "force Haftar", branche militaire du Font national du salut de la Libye, avec l'aide des Américains et du président tchadien de l'époque Hissène Habré, dans l'espoir de renverser le dictateur. Mais Idriss Déby prend le pouvoir au Tchad, les opposants libyens doivent partir et sont exfiltrés par les Américains.

Dans les années 1990, Khalifa Haftar quitte donc la région pour rejoindre les États-Unis où il est exilé durant une vingtaine d'années. Il vit en Virginie, près de Langley et du siège de la CIA. On lui prête alors des relations étroites avec les services de renseignement nord-américains en vue de renverser Kadhafi.

C'est en 2011 que le général est de retour dans son pays natal. Il rejoint alors le soulèvement militaire contre Mouammar Kadhafi. Au même moment naît l'Armée nationale libyenne, dont le général Haftar prend la tête. S'il est bien accueilli par la population à Benghazi, il ne parvient pas pour autant à s'imposer comme l'une des figures sur le plan militaire.

Le tournant a lieu trois ans plus tard, en 2014. Benghazi est en proie à d'importantes violences, une montée des assassinats et des attentats. Le général Haftar lance alors une grande offensive militaire dans la ville de l'est libyen, en ralliant à ses côtés une partie de l'ancienne armée de Kadhafi, des officiers et des forces tribales. C'est ainsi que le général lance une guerre contre le terrorisme et les groupes armés.

"Il a beaucoup utilisé le discours sécuritaire et de lutte contre le terrorisme pour susciter un soutien de la part de la communauté internationale", commente Virginie Collombier, professeure à l'Institut universitaire européen de Florence et spécialiste de la Libye. Après plusieurs années de guerre, Benghazi est sécurisée, tout comme plusieurs villes de l'est libyen. "Khalifa Haftar a construit sa légitimité sur cette sécurisation des villes de l'est et sa lutte contre le terrorisme", ajoute Virginie Collombier. 

C'est d'ailleurs après son succès à l'automne 2016 que le général Haftar est nommé maréchal par le président du Parlement libyen, Aguila Salah Issa. Une récompense pour avoir réussi à sécuriser le croissant pétrolier, dont des groupes armés dirigés par Ibrahim Jadhran avaient pris le contrôle. Une opération qui lui donne aussi "une popularité au-delà de la région de Cyrénaïque" (Est) estime la journaliste Roumiana Ougartchinska, autrice du livre "Pour la peau de Kadhafi" et qui a rencontré à plusieurs reprises le maréchal Haftar. 

De ses nombreuses actions sur le terrain, à la tête de l'autoproclamée Armée nationale libyenne, le maréchal Haftar s'impose peu à peu comme un acteur central du jeu politique. Il gagne en réputation et en crédibilité puis devient l'un des personnages incontournables "au cours de l'année écoulée essentiellement" selon Virginie Collombier, en jouant de sa carte "lutte contre le terrorisme" vis-à-vis de l'extérieur. "Il a été beaucoup aidé à jouer un rôle plus important par des initiatives diplomatiques extérieures, notamment par la France" explique la chercheuse, "il est alors devenu un acteur acceptable"jusqu'à être invité à la table des négociations comme un acteur majeur, notamment par les initiatives françaises.

D'après les observateurs, le maréchal Haftar a bénéficié jusqu'à présent des soutiens de la France, de la Russie et des Émirats arabes unis. Suite à son offensive sur Tripoli, ils se font désormais plus discrets.

Selon un communiqué du Gouvernement d'union nationale libyen, basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, le Président français Emmanuel Macron s'est entretenu avec le chef du gouvernement libyen Fayez al-Sarraj, lui affirmant "son refus total de l'offensive contre la capitale, la mise en péril de la vie des civils et la nécessité de stopper cette attaque". Officieusement, la France dément tout plan secret pour mettre au pouvoir le maréchal Haftar et assure qu'aucune légitimité ne lui sera reconnue s'il venait à prendre le contrôle de Tripoli.La Russie a, elle, appelé toutes les parties à la retenue pour éviter le bain de sang. Plusieurs experts affirment qu'en coulisses, la Russie soutient le maréchal, reçu à l'été 2017 à Moscou. D'après Virginie Collombier, "la Russie s'est d'ailleurs opposée à l'adoption d'une résolution visant le maréchal Haftar"dimanche lors du Conseil de sécurité de l'ONU. 

Américains et Britanniques appellent de leur côté à la sanction contre le maréchal Haftar et l'accusent d'être responsable avec ses alliés de l'escalade de ces derniers jours. Beaucoup relèvent enfin sa visite auprès du roi Salman à Riyad, fin mars dernier, juste avant son offensive.

Franceculture.Fr

Le camp présidentiel n’a pas attendu les résultats officiels pour féliciter son vainqueur. Le premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, a affirmé que le président sénégalais Macky Sall a été réélu en remportant « au moins 57 % » des voix lors du premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 24 février.

« Les résultats nous permettent de dire qu’il nous faut féliciter le président Macky Sall pour sa réélection », a déclaré M. Dionne qui s’exprimait vers minuit (heure locale, 1 heure à Paris) au siège de la coalition présidentielle à Dakar.

Les résultats officiels des commissions de recensement des votes doivent être publiés dans chaque département avant mardi à midi, puis seront proclamés à l’échelle du pays par la Commission nationale de recensement au plus tard vendredi à minuit. Un éventuel second tour, compte tenu des délais légaux de proclamation, de possibles contestations et de la campagne, se tiendrait vraisemblablement le 24 mars.

S’exprimant moins d’une heure plus tôt lors d’une conférence de presse conjointe, les deux principaux rivaux de Macky Sall avaient mis en garde contre toute proclamation prématurée de victoire du camp présidentiel.

« A ce stade, un deuxième tour s’annonce et les résultats qui sont déjà compilés nous permettent de le dire », a déclaré l’ancien premier ministre Idrissa Seck, qui se présente pour la troisième fois à la présidentielle, assis aux côtés du député « antisystème » Ousmane Sonko. « Cette volonté de changement, nous l’avons notée, et au regard des premières compilations d’information que nous avons, vous l’avez majoritairement exprimée en faveur de l’opposition », a-t-il ajouté, en invitant les Sénégalais à « préparer soigneusement » le second tour.

« Dans l’état actuel du dépouillement, aucun candidat, je dis bien aucun candidat, moi y compris, ne peut se proclamer vainqueur de l’élection présidentielle », a ensuite averti Ousmane Sonko.

Face à Macky Sall, largement en tête dans de nombreux bureaux de vote selon de premiers résultats parcellaires égrenés par les médias locaux dans la soirée, les deux hommes paraissaient être les deux seuls à être en mesure de se qualifier pour un éventuel second tour.

Lemonde.fr

L'opposant Martin Fayulu.

Dossier spécial

Le candidat d'opposition Martin Fayulu a prévenu mardi que les Congolais connaissaient "le véritable vainqueur de l'élection présidentielle" et il a mis en garde la Commission électorale "contre toute tentative de travestir la vérité des urnes" en République démocratique du Congo.

"Le peuple congolais connaît déjà le résultat rendu public par affichage devant les bureaux de dépouillement" et "le véritable vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018", a affirmé M. Fayulu, lors d'une de ses premières déclarations à la presse depuis le scrutin du 30 décembre.

M. Fayulu et cinq autres candidats mineurs ont mis en garde la Commission électorale "contre toute tentative de travestir la vérité des urnes".

Ils ont appelé la Commission électorale "à publier dans un bref délai les résultats provisoire de l'élection présidentielle".

La Commission électorale a reporté dimanche sine die la proclamation de l'élection présidentielle du 30 décembre, affirmant n'avoir traité que 53% des résultats.

M. Fayulu a affirmé que "la Céni après avoir pris connaissance des vrais résultats (...) s'est abstenue délibérément de les rendre public en violation de son propre calendrier pour des raisons inavouées".

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Cette attitude selon lui suscite des "suspicions légitimes diverses qui alimentent la tension politique".

"Les résultats électoraux ne se négocient point et en aucun cas, ni le peuple congolais ni nous-mêmes n'accepterons de tels résultats", a déclaré M. Fayulu.

Mardi, le parti historique de l'opposition, UDPS a déclaré que son candidat Félix Tshisekedi était "pressenti gagnant" de la présidentielle et que ce dernier et le président Joseph Kabila avaient "intérêt" à se rencontrer "pour préparer la passation pacifique et civilisée du pouvoir"

La présidentielle doit désigner le successeur de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et qui ne pouvait pas se représenter.

Parmi les trois poids lourds de l'élection figurent, pour l'opposition MM. Fayulu et Tshisekedi, et pour le pouvoir, l'ex-ministre de l'Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary.

Voiceofafrica.com

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