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Catastrophe de MBANKOLO : APRES LES EMOTIONS….PLACE A LA REFLEXION.

L’émotion serait-elle vraiment « nègre » ? A chaque catastrophe survenue sous nos cieux, le scénario d’intervention est toujours le même : des membres du gouvernement se rendent sur les lieux, annoncent l’intervention du Chef de l’Etat. Des hommes politiques ne se laissent pas faire non plus, chacun vient faire son numéro. Quelques mécènes se manifestent, puis des slogans du genre «  JE SUIS MBANKOLO» fusent de partout, quelques gerbes de fleurs, des cierges allumés et puis plus rien.

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Dans certains cas lorsque la situation est très délicate, l’on annonce une commission d’enquête, dont les résultats restent attendus des années durant. L’affaire passe aux oubliettes. En attendant une autre occasion tragique. A chaque événement douloureux, son torrent de larmes, son lot d’émotions. Son oubli.

Sous d’autres cieux, chaque difficulté donne lieu à une réflexion nouvelle. Après les émotions au demeurant légitimes, on cherche les solutions pour, qu’à défaut de les éradiquer, l’on atténue les souffrances, étant donné que l’on ne saurait empêcher la survenue de certaines catastrophes, notamment celles liées au climat et à la nature : cas des tremblements de terre, des éboulements, glissements de terrain, pluies torrentielles et ravageuses… Passons donc en revue certaines possibilités d’interventions susceptibles d’amortir les chocs du fait de la survenue de catastrophes.

Dans le cas de MBANKOLO à Yaoundé, des mesures doivent être prises en vue de réorganiser l’habitat dans cette zone. Il faut prendre des mesures, d’autant qu’en cette matière, il existe bien une réglementation. En effet nous sommes ici au flanc de grandes collines et l’on maîtrise à peu près les saisons. L’on peut donc au moins savoir qu’à telle ou telle autre, il peut survenir des inondations ;

Des mesures d’urgence

Il faut dans la foulée et à court terme, déguerpir tout ce monde et/ou réaménager les lotissements dans les règles de l’art, en prévoyant de grands drains pour le passage des eaux.  Vérifier la qualité des constructions dans la zone, au cas où on décide d’y recaser les gens. Se rassurer que ces constructions sont réalisées dans les règles de l’art pour se faire, obligation doit être faite à tous, de se faire assister par un architecte[1] commis d’office par l’Etat.

Des mesures à moyen et long terme

Il y a des sites potentiellement catastrophistes un peu partout. L’autre nom de la capitale politique du Cameroun est la ville aux SEPT COLLINES.  Toutes ces magnifiques collines et ses flancs, qui feraient la beauté de l’écosystème de cette ville, sont tous les jours, l’objet d’occupations anarchiques, sous le regard à la fois complice et impuissant des autorités en charge de la gestion de ces aspects de la vie quotidienne.

Complice parce que lorsqu’elles sont saisies, les croix st André que l’on dessine sur les murs des ouvrages en chantiers ne sont que des outils de menaces des agents communaux, suscitant quelques bakchichs.

Impuissant, au regard du manque d’un personnel qualifié, en quantité et en qualité, formé dans ce domaine ; les agents communaux étant généralement des personnes recrutées dans le tas. Il appert clairement ici, en allant en profondeur, un déficit de politique publique pragmatique dans ce domaine. 

Les ministères concernés notamment, l’environnement, les Affaires foncières le Développement Urbain devraient réellement s’en préoccuper, en commençant une vaste campagne de sensibilisation à tous les niveaux

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La sensibilisation

  • Les responsables municipaux et les élus. Il est urgent de lancer un grand colloque à leur attention, afin qu’ils soient les relais institutionnels de vastes campagnes d’IEC[2] à lancer.

Ces campagnes engloberont :

  • les questions de changement climatique qui constituent le principal menu du débat au niveau mondial mais qui semblent occultées sous nos cieux.
  • L’information sur les dispositions réglementaires sur l’occupation des terres. Les sanctions encourus par les contrevenants.
  • La mise sur pied de brigades de contrôle mixtes (communes et gouvernement)
  • En observant minimalement ce qui se passe ailleurs, on se compte  que notre élite politique, comme nos populations  souffre d’un déficit de citoyenneté.

De la citoyenneté.

Un citoyen doit connaître ses droits et devoirs. Il doit être le premier à prendre soin de lui-même. Nombre de nos compatriotes affichent en effet des comportements suicidaires. C’est en effet « trop facile » de s’acharner sur l’Etat. Il revient à chacun en premier lieu, de sécuriser sa famille et ses biens.

 Des gens disposent de magnifiques terres dans leurs villages d’origine ; des terres sont en friche partout dans le pays mais tout le monde veut habiter les grandes métropoles, quelles que soient les conditions de vie.

Des mesures structurelles de prévention ;

Lorsque survient une catastrophe, tous les regards se tournent vers le Président de la République ; c’est toujours le même folklore. Des mesures structurelles peuvent permettre à ce même chef d’Etat, de jouer son rôle régalien avec plus d’envergure et de perspicacité. Il s’agira d’accroitre la capacité potentielle d’intervention en :

  • Lançant des campagnes de sensibilisation, en vue d’améliorer le comportement citoyens ; en effet beaucoup de nos compatriotes pêchent par ignorance.
  • créant au sein des sapeurs pompiers un corps spécialisé dans chaque type de catastrophe et non pas seulement contre le FEU ;
  • favoriser l’éclosion d’une société civile portée par le volontariat ; de l’encourager à travers des formations ; ceci se fera avec l’implication des Mairies ;
  • de prendre des mesures tendant à impliquer les acteurs de la finance, notamment les assurances et les banques.

 

Les Compagnies d’Assurance

Ceci nous donne d’ailleurs l’opportunité d’ouvrir un pan de voile sur le rôle des Compagnies d’assurances. On devrait s’interroger sur le rôle des assurances dans le fonctionnement de nos sociétés. A quoi sert par exemple une assurance automobile. La plupart de ceux qui se la procurent  le font parce qu’ils redoutent les contrôles de police. Depuis des décennies, j’achète une police d’assurance pour mon véhicule. Je n’ai jamais eu d’accident (Dieu merci). Dans nos capitales, politique et économique, les accidents ne sont pas légions. D’ailleurs au regard des tracasseries (lenteurs, procédures, justif à produire) que l’on rencontre lorsqu’il faut réparer un sinistre subi, beaucoup préfèrent s’arranger à l’amiable. Jamais on ne vous récompense pour votre bonne tenue de route et par conséquent pour avoir épargné votre assureur de dépenses suite à un sinistre émanant de vous. Cela se compte en millions.

 A quoi sert une police d’assurance quotidiennement chez nous (au Cameroun) ? Un expert me faisait remarquer que dans le pays où il réside en Europe, si vous êtes en panne quelque part, vous appelez simplement votre assureur, il se charge de vous dépanner.

Les assurances doivent désormais s’impliquer dans tous les sinistres. Chaque habitant devra alors s’acquitter d’une police d’assurance et, l’assureur tous les ans doit faire l’état des lieux sécuritaire de ses assurés, élaborer des rapports adressés au gouvernement en vue de prévenir les risques. On pourrait également concevoir un système  d’intervention rapide en cas de sinistre, dans le cadre d’une synergie partenariale entre les assurances et système bancaire.

Mesures d’intervention

 Bancariser  tous les citoyens : le parapluie monétaire

On devra veiller à ce que tout citoyen dispose d’un compte bancaire. Parmi les pièces d’ouverture de compte devra figurer une police d’assurance. Ceci devra permettre en cas de sinistre, dès que l’état de catastrophe naturelle est décrété on déploie le « parapluie monétaire. On crédite alors immédiatement tous les comptes des sinistrés, d’un montant d’argent arrêté, permettant à chacun de se procurer un « paquet minimum de catastrophe[3] ». Ce qui nous épargnera du spectacle de membres de gouvernement en faillite. L’Etat pendant ce temps, débarrassé des problèmes d’intendance, pourrait se concentrer sur les aspects de recherche des corps, d’évacuation, de recasement, etc.

 

Joseph marie Eloundou

Consultant Senior

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[1] En dehors des quartiers chics, très peu de maisons, dans leur constructions, sont accompagnées par des architectes agrées.

[2] Information Education Communication.

[3] Matelas, couvertures et autres

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cameroun, Société, catastrophe, Mbankolo

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