Port de Douala : Le Premier Ministre rappelle Cyrus Ngo'o à l'ordre
Qui détient réellement le pouvoir de décider au port autonome de Douala ? Est-ce le directeur général Cyrus Ngo'o , qui affirme que le contrat de scanning est arrivé à terme , ou l' État du Cameroun, qui soutient que l' accord signé avec SGS court encore jusqu'en 2032 ? Derri è re cette bataille juridique se cache une question plus profonde : comment une entreprise qui n ' a pas respecté é ses engagements pendant sept ans peut-elle continuer à b é n é ficier de la protection du gouvernement ? Le bras de fer autour du quatrième scanner révèle bien plus qu'un simple différend technique : il expose les failles de la gouvernance contractuelle, les tensions entre institutions et les enjeux économiques d' un port stratégique pour tout le pays. Au port autonome de Douala, une crise institutionnelle et économique s'est ouverte autour du contrat de numérisation signé en 2015 entre l'État du Cameroun et la société SGS. Ce contrat prévoyait une durée de dix ans et stipulait que la mise en exploitation effective devait commencer dès l'installation du quatrième scanner, prévue au plus tard le 31 décembre 2015. Or, ce scanner n'a été installé qu'en 2022, soit sept années de retard, ce qui a créé une divergence profonde d'interprétation entre le gouvernement et le Port autonome de Douala.

Pour le gouvernement, représenté par le ministre des Transports et confirmé par le Premier ministre, le contrat reste valable jusqu'en 2032 puisque la durée de dix ans ne commence qu'à partir de la mise en service du quatrième scanner. Dans cette logique, même si SGS a pris du retard, seul l'État, en tant que signataire, est habilité à résilier ou modifier le contrat. Le Port autonome de Douala n'a donc pas compétence pour rompre l'accord ni pour signer avec un nouvel opérateur comme Transatlantic D-SA. Le rôle du gouvernement est ici central, car il détient l'autorité juridique et institutionnelle sur les engagements contractuels internationaux.
Le Port autonome de Douala, dirigé par Cyrus Ngo'o, défend une autre lecture. Pour lui, le contrat signé en 2015 devait expirer en 2025, dix ans après sa signature, déterminant du retard de SGS. Le non-respect des délais d'installation constitue une faute contractuelle grave qui rend l'accord caduc. Dans cette perspective, le PAD estime avoir le droit de considérer le contrat comme arrivé à terme et d'ouvrir la porte à un nouvel opérateur. Son rôle est celui d'un gestionnaire opérationnel qui cherche à garantir la fluidité et la transparence des activités portuaires, mais il se heurte à la limite de ses prérogatives juridiques.
La société SGS, quant à elle, se trouve au cœur de la polémique. En n'installant pas le quatrième scanner dans les délais prévus, elle a manqué à ses obligations contractuelles. Peut-on parler de mauvaise foi ? La réponse est nuancée. D'un côté, le retard de sept ans est indéniable et fragilise la crédibilité de l'entreprise. De l'autre, SGS bénéficie du soutien du gouvernement qui considère que le contrat reste valide et que les conditions techniques ont été réunies tardivement, ce qui rapporte simplement le début de la période contractuelle.
Cette affaire illustre un conflit d'interprétation entre la lettre du contrat et l'autorité institutionnelle. Le gouvernement défend la continuité et la légitimité de son engagement jusqu'en 2032, tandis que le Port autonome de Douala invoque la logique des délais non respectés pour déclarer le contrat expiré en 2025. Les conséquences sont lourdes, car au-delà du bras de fer juridique, c'est la transparence des marchés publics, la compétitivité du port et la crédibilité des institutions qui sont en jeu.
Au cœur du port autonome de Douala, un bras de fer s'oppose au gouvernement camerounais et à la direction du PAD sur l'avenir du contrat de scanning signé avec SGS en 2015. Alors que Cyrus Ngo'o estime que l'accord est arrivé à terme après dix ans, l'État soutient que la durée court jusqu'en 2032, en raison de l'installation tardive du quatrième scanner. Entre accusations de manquement, querelles de compétence et enjeux économiques, cette affaire révèle les failles de la gouvernance contractuelle et les tensions institutionnelles autour d'un port stratégique pour le pays.
Gontran Eloundou
Analyste politique

- Créé le .
- Vues : 73

