Guerre au moyen orient: Le Cameroun va-t-il subir la hausse des prix du carburant ?

Le conflit russo-ukrainien à ses débuts en Europe a pour conséquence directe sur le marché mondial, une augmentation globale des prix. Le prix du blé, par sa hausse, a activé une inflation générale qui s'est répercutée sur l'Afrique et le Cameroun spécialement. Avec la nouvelle guerre entre Israël, les USA et l'Iran, l'on peut déjà redouter une hausse des prix des hydrocarbures. Depuis la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, la SONARA (Société Nationale de Raffinage) a été partiellement détruite avec les innovations qui y étaient en cours. Quelles sont les probables répercussions que l'on pourrait au Cameroun sur le prix des hydrocarbures ?
Alors que le conflit opposant l'Iran aux États-Unis et à Israël s'intensifie, les marchés mondiaux de l'énergie enregistrent une flambée historique. Le baril de Brent, référence internationale, s'approche dangereusement des 120 dollars, un seuil qui n'avait plus été atteint depuis près d'une décennie. Cette tension géopolitique, concentrée autour du détroit d'Ormuz par lequel transite près de 30 % du pétrole mondial provoque des perturbations logistiques majeures et une hausse vertigineuse des primes d'assurance sur les cargaisons.
Le Cameroun, bien que géographiquement éloigné du théâtre des opérations, n'en demeure pas moins vulnérable. En effet, le pays importe une part significative de ses produits pétroliers raffinés, notamment le gaz domestique et le carburant destiné à la consommation courante. Cette dépendance structurelle expose directement les ménages camerounais à une inflation importée, dont les effets se font déjà sentir dans les stations-service et sur les marchés.
Les prix à la pompe connaissent une hausse progressive, affectant le coût du transport urbain et interurbain. Le gaz butane, utilisé par des millions de foyers, devient plus onéreux, tandis que les denrées alimentaires transportées sur de longues distances voient leur prix grimper. Les petites et moyennes entreprises, déjà fragilisées par un environnement fiscal complexe, subissent une augmentation des coûts de production qui menace leur viabilité.
Face à cette situation, le Cameroun aurait pu s'appuyer sur une capacité de raffinage nationale renforcée. Or, l'incendie survenu à la Société Nationale de Raffinage (Sonara) en 2019, dont les installations n'ont toujours pas été réhabilitées, prive le pays d'un levier. L'absence d'une Sonara pleinement opérationnelle, contraint le Cameroun à dépendre davantage des importations, accentuant sa vulnérabilité face aux chocs exogènes.
Dans ce contexte, l'initiative des Conférences Économiques à portée de Joseph Marie Eloundou prend tout son sens. Économiste et journaliste, acteur engagé de la société civile, il propose de vulgariser les mécanismes économiques reconnus pour permettre aux citoyens de mieux comprendre les enjeux qui les concernent. À travers une série de conférences ouvertes, il ambitionne de transformer chaque Camerounais en acteur éclairé du développement, capable d'interpréter les signaux économiques et d'identifier les opportunités propres à son environnement.
Alors que les tensions internationales redéfinissent les équilibres énergétiques, le Cameroun doit impérativement renforcer sa résilience. Cela passe par une meilleure information des citoyens, une diversification des sources d'approvisionnement, et une relance stratégique de ses infrastructures énergétiques.
Nanga Paul
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