GUERRE AU NOSO, LES SÉPARATISTES SÈME LA MORT À BANGOURAIN.

Une attaque meurtrière à Bangourain.
Dans la nuit du 9 au 10 mai 2026, le village de Koumengba, situé dans la commune de Bangourain en « pays Bamoun » (région de l’Ouest), a été le théâtre d’une violente incursion attribuée aux séparatistes anglophones. Les assaillants, lourdement armés, ont pénétré dans la localité en tirant en l’air pour semer la panique. Ils ont défoncé portes et fenêtres, traqué les habitants et semé la terreur. Le bilan est lourd : un jeune homme a été abattu par balle et treize personnes ont été enlevées. La population, prise de panique, s’est réfugiée dans les plantations environnantes pour échapper aux assaillants. Cet événement rappelle que Bangourain, déjà ciblée par le passé, reste une zone vulnérable aux incursions armées.
Un contexte sécuritaire fragile.
Selon une source policière, les assaillants seraient venus de la région anglophone du Nord‑Ouest, en passant par le lac Bamendji, ce qui illustre la porosité des frontières locales. Depuis 2017, la crise anglophone a engendré une multiplication des attaques, avec des séparatistes capables de frapper au‑delà de leurs bastions traditionnels. Bangourain, déjà victime d’incursions en 2018, demeure une cible privilégiée en raison de sa proximité avec les zones de conflit. L’absence de réaction rapide des autorités accentue le sentiment d’abandon des populations. Plus de 48 heures après les faits, aucun communiqué officiel n’a été publié, laissant les familles des disparus dans une inquiétude insoutenable. Cette inertie institutionnelle fragilise davantage la confiance entre l’État et les citoyens.
Un symbole de l’impasse nationale.
L’attaque de Koumengba illustre la persistance de la crise anglophone et l’incapacité du gouvernement à sécuriser durablement les zones frontalières. La mort d’un jeune homme et l’enlèvement de treize villageois rappellent la gravité d’un conflit qui s’étend désormais au‑delà des régions anglophones. Les séparatistes démontrent leur capacité à déstabiliser des zones francophones, ce qui accentue la peur et la méfiance. Cette situation met en lumière les limites de la stratégie sécuritaire de l’État, incapable de prévenir les incursions malgré les dispositifs déployés. En conclusion, l’attaque de Bangourain n’est pas seulement un drame local : elle symbolise l’impasse nationale face à une crise qui mine la cohésion sociale et menace la stabilité du Cameroun.
Gontran Eloundou
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