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Cameroun :Gouvernement turbulent, la République en péril.

Le gouvernement camerounais traverse une crise de cohérence politique marquée par des conflits ouverts entre ministres, Directeurs généraux et assimilés, une fragilisation de la solidarité gouvernementale et une interprétation fluctuante des textes républicains. Cette situation interroge la capacité de l’exécutif à incarner l’unité et la rigueur institutionnelle attendues dans une République.

Au Cameroun, l'action gouvernementale semble de plus en plus marquée par des dissonances internes qui interrogent la cohésion républicaine. Des ministres s'expriment publiquement en contradiction, exposant des divergences qui fragilisent l'unité de l'exécutif. La solidarité gouvernementale, pourtant pilier de la République, semble reléguée au second plan. Entre conflits de compétences, interprétations divergentes des textes et luttes d'influence, l'image de l'État s'en trouve altérée. Cette dynamique nourrit la défiance citoyenne et brouille la lisibilité de l'action publique. Elle met en péril la discipline institutionnelle. Elle appelle à une réflexion sur la cohérence gouvernementale. Elle exige un retour aux principes républicains fondamentaux.

Les incohérences gouvernementales.

  Les contradictions entre les ministres camerounais se multiplient, révélant une absence de coordination. Lors de la campagne présidentielle, des divergences publiques ont opposé le ministre de la Communication et celui de l'Enseignement supérieur, sémant le trouble dans la ligne officielle. Le MINAT, Paul Atanga Nji, a adopté une posture autoritaire, menaçant les populations au lieu de garantir un climat électoral serein. Ces attitudes ont choqué l'opinion et fragilisé la crédibilité du gouvernement. Elles traduisent une rupture dans la solidarité gouvernementale. Chaque ministre semble agir selon ses propres intérêts. L'unité de l'exécutif est mise à mal. La République s'en trouve affaiblie.
   Le contentieux autour du port de Douala un exposé au grand jour les tensions entre ministres. Le ministre de l'Économie, celui des Transports, le Premier ministre et le ministre de la Communication se sont affrontés publiquement sur la gestion du port. Ce conflit révèle une lecture divergente des textes et une confusion des rôles. Il montre l'absence de mécanismes internes de régulation. Il expose les luttes de pouvoir au sein du gouvernement. Il fragilise la gouvernance économique. Il alimente le défiance des partenaires internationaux. Il illustre l'urgence d'une réforme de la coordination gouvernementale. Il met en péril l’image de la République.

La cohérence gouvernementale et le droit républicain

    La cohérence  repose gouvernementale sur des principes républicains clairs : collégialité, discipline, respect des textes et droit de réserve. Chaque ministre est tenu d'agir dans le cadre défini par le gouvernement. Les divergences doivent être traitées en interne. Le droit de réserve interdit les prises de position publiques contradictoires. La collégialité impose une solidarité dans l'action. Le respect des textes garantit la légitimité des décisions. Ces principes assurent la stabilité de l'État. Ils renforcent la confiance des citoyens. Ils protègent l'image de la République. Ils sont indispensables à toute gouvernance responsable.
   Dans une République, le gouvernement incarne l'unité de l'État. Les ministres ne sont pas des acteurs autonomes, mais des membres d'un corps solidaire. La cohérence de leur action est essentielle pour garantir la lisibilité des politiques publiques. Elle permet d'éviter les conflits ouverts. Elle assure une communication claire. Elle renforce la légitimité des institutions. Elle protège l'autorité du chef de l'État. Elle favorise la stabilité politique. Elle est le socle de la gouvernance républicaine. Elle doit être restaurée avec rigueur et fermeté.

Le Cameroun traverse une crise de cohérence gouvernementale qui menace les fondements de la République. Les conflits entre ministres, les prises de position contradictoires et le non-respect des textes affaiblissent l'autorité de l'État. Il est urgent de rétablir la discipline, la collégialité et le droit de réserve. La République ne peut fonctionner sans cohérence. Le gouvernement doit incarner l'unité et la rigueur. Les citoyens attendent une gouvernance responsable. Le respect des règles est une exigence démocratique. La cohérence est la clé de la stabilité. Elle est le pilier de toute République digne de ce nom.

Gontran Eloundou
Analyste politique

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