OCTOBRE ROSE : DU CAMEROUN AU RESTE DU MONDE, LES CHIFFRES QUI RAPPELLENT L’IMPORTANCE D’AGIR

Au Cameroun, le cancer du sein représente près de trois nouveaux cancers sur dix chez les femmes. Selon les estimations GLOBOCAN pour 2024, publiées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), 2 824 nouveaux cas et 1 368 décès sont attribués à cette maladie. Avec 29,6 % des nouveaux cancers féminins, il constitue le cancer le plus fréquent chez les femmes dans le pays. Il représente également 17,6 % de l’ensemble des nouveaux cancers, tous sexes confondus.
Ces chiffres montrent l’importance du cancer du sein dans la santé publique camerounaise. Il s’agit d’estimations statistiques : les décès d’une année ne concernent pas nécessairement les personnes diagnostiquées cette même année. Leur comparaison avec les nouveaux cas ne permet donc pas de calculer un taux de survie.
C’est dans ce contexte qu’Octobre Rose prend tout son sens. Chaque mois d’octobre, cette campagne symbolisée par le ruban rose mobilise le public autour de l’information, du dépistage et du soutien aux personnes malades. Elle rappelle que la lutte contre le cancer du sein concerne aussi les familles, les professionnels de santé et l’ensemble de la société.
À l’échelle mondiale, les statistiques soulignent l’ampleur du défi. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 2,4 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein en 2024, et la maladie a causé 694 000 décès. Elle touche également les hommes, qui représentent environ 0,5 à 1 % des cas. La détection précoce et l’accès aux traitements constituent des moyens essentiels pour réduire la mortalité.
En France métropolitaine, 61 214 nouveaux cas sont estimés en 2023, soit environ 33 % des cancers diagnostiqués chez les femmes. L’âge médian au diagnostic est de 64 ans : la moitié des diagnostics intervient avant cet âge, l’autre moitié après. La même année, 12 765 décès sont attribués au cancer du sein.
Les données françaises montrent toutefois des progrès. Entre 2019 et 2023, le taux de mortalité standardisé sur l’âge a diminué en moyenne de 1,5 % par an. Par ailleurs, la survie nette à cinq ans atteint 88 % pour les femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015. Cet indicateur écarte statistiquement les autres causes de décès ; il ne correspond pas à un taux de guérison et ne prédit pas une situation individuelle.
Le dépistage reste au cœur de la mobilisation. En France, le programme organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans, sans symptômes ni facteurs de risque particuliers autres que l’âge. Il propose une mammographie et un examen clinique des seins tous les deux ans. Les femmes présentant un risque élevé bénéficient d’un suivi adapté. Au Cameroun, les modalités de suivi doivent être discutées avec un professionnel de santé, selon la situation personnelle et les dispositifs disponibles.
La participation au programme français demeure néanmoins limitée. En 2024-2025, environ 4,9 millions de femmes ont réalisé une mammographie dans ce cadre, soit un taux de participation de 45,6 %. Ce chiffre concerne uniquement le dépistage organisé : certaines femmes réalisent leurs examens en dehors de ce programme.
La vigilance est également nécessaire entre les examens et à tout âge. Une boule dans le sein, une modification de sa forme, un changement de la peau ou du mamelon, ou un écoulement inhabituel doivent conduire à consulter un professionnel de santé. Ces signes ne signifient pas forcément qu’il s’agit d’un cancer, mais nécessitent une évaluation, même en l’absence de douleur.
Au Cameroun comme ailleurs, Octobre Rose invite à transformer la sensibilisation en démarches concrètes : s’informer auprès de sources fiables, discuter de son suivi avec un professionnel de santé et accompagner les personnes touchées. Derrière chaque statistique se trouvent des vies, des proches et des parcours qui méritent des soins accessibles, de l’attention et de la solidarité.
ELOUNDOU Rita A.
Microbiologiste Pharmaceutique
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