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CAMEROUN: SOCIETE NATIONALE D'INVESTISSEMENT (SNI), AGONIE STRUCTURELLE, REFLET D’UN CAMEROUN EN DÉCLIN ?

 La SNI, bras économique de l’État, s’enlise dans une lente agonie structurelle, révélant les faiblesses de la politique d’investissement au Cameroun. 

La SNI, bras économique de l’État.
La Société Nationale d’Investissement (SNI) fut pensée comme l’instrument privilégié de l’État camerounais pour canaliser les fonds publics vers les secteurs porteurs de richesses. Créée pour soutenir l’industrialisation et accompagner les grandes initiatives économiques, elle devait incarner la volonté politique de bâtir un tissu industriel solide et compétitif. Dans ses premières années, la SNI a effectivement contribué à l’essor de plusieurs entreprises locales, en jouant un rôle de catalyseur pour les investissements stratégiques. Mais au fil du temps, son dynamisme s’est émoussé, laissant place à une structure davantage perçue comme un symbole institutionnel que comme un véritable moteur de croissance.

Réformes et limites persistantes.
Consciente des faiblesses de la SNI, l’État a entrepris une refonte des textes régissant son fonctionnement et a procédé au renouvellement du Président du Conseil d’Administration. Ces mesures visaient à insuffler un nouvel élan et à moderniser la gouvernance de l’entreprise. Pourtant, malgré ces ajustements, la structure peine à retrouver son rôle central dans la politique d’investissement. Les projets porteurs tardent à se concrétiser, et l’impact économique reste limité. Cette inertie traduit une difficulté du gouvernement à transformer les intentions en résultats tangibles, laissant planer un doute sur la capacité réelle de la SNI à incarner l’ambition industrielle du Cameroun.

La longévité du top management.

Yaou Aissatou Directeur Général

Un élément marquant de cette stagnation réside dans la longévité exceptionnelle du top management. Le Directeur Général est en poste depuis près de 25 ans, tandis que le Directeur Général Adjoint occupe ses fonctions depuis plus de 30 ans. Ces durées, rares dans le monde des affaires, posent la question du renouvellement des idées et de l’adaptation aux mutations économiques contemporaines. Âgés respectivement de plus de 70 ans pour Yaou Aissatou Directeur Général, et de près de 80 ans pour Ambroise Ondoa onana Directeur Général Adjoint, ces dirigeants incarnent une continuité qui, loin de rassurer, semble freiner l’innovation et l’ouverture vers de nouvelles stratégies. Leur maintien prolongé illustre une certaine inertie institutionnelle, où l’expérience se transforme en immobilisme.

Ambroise Ondoa Onana Directeur général Adjoint

L’API, symptôme d’un échec gouvernemental.
Face aux limites de la SNI, l’État a créé l’Agence de Promotion des Investissements (API), censée suppléer les carences de la société nationale. Cette initiative, loin de renforcer la cohérence de la politique économique, révèle plutôt une faiblesse du gouvernement dans sa capacité à réformer en profondeur ses instruments existants. La coexistence de deux structures aux missions proches traduit une dispersion des efforts et un manque de vision stratégique. Au lieu de revitaliser la SNI, l’État a préféré contourner ses blocages, laissant intacte une direction vieillissante et peu réactive. Ce choix illustre l’incapacité à affronter les véritables défis de gouvernance, et met en lumière la fragilité de la politique d’investissement au Cameroun.

Gontran Eloundou
+237 673 933 132

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