CAMEROUN : FILIÈRE MAÏS ; LE PAYS FERME SES FRONTIÈRES AUX IMPORTATIONS.
Face à une situation où les producteurs camerounais de maïs peinent à écouler leurs récoltes tandis que des cargaisons importées continuent d’arriver sur le marché, le gouvernement a décidé de suspendre immédiatement les importations. Cette mesure, prise le 13 mai dernier, vise à protéger la filière locale et à renforcer la politique d’import-substitution promue par les pouvoirs publics.
Si, dans d’autres filières de production agricole, le Cameroun fait habituellement face à des pénuries et doit recourir en urgence aux importations, la réalité de la filière maïs est, cette fois, à l’opposé. Des stocks importants détenus par les producteurs locaux restent invendus, créant une tension économique pour les paysans, alors que les importations autorisées par l’État poursuivent leur arrivée. Alerté par cette anomalie, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a présidé, mercredi 13 mai 2026, une importante réunion de concertation au siège de son ministère à Yaoundé. Étaient présents les représentants du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), de la Direction générale des Douanes, ainsi que les principaux importateurs de maïs et les opérateurs de l’amont et de l’aval de la filière. Les échanges ont révélé que la situation résulte principalement d’un déficit d’informations statistiques. Les permis d’importation ont été délivrés faute de données précises sur le niveau de la production nationale et les stocks disponibles chez les producteurs locaux. À l’issue des discussions, plusieurs résolutions ont été arrêtées pour résorber la crise. Il s’agit précisément de : la suspension immédiate des importations de maïs, confiée à la Direction générale des Douanes (Minfi), l’évaluation rapide des stocks détenus par les producteurs, pilotée par le MINADER ; la mise en place d’un mécanisme d’achat et de stockage via l’Office céréalier ou d’autres structures comme la Compagnie Fermière Camerounaise et une délivrance encadrée d’autorisations d’importation pour les poussins d’un jour, œufs à couver et parentaux, grands consommateurs de maïs, afin d’absorber une partie des stocks excédentaires.
Au-delà des mesures d’urgence, le ministre Mbarga Atangana a insisté sur la nécessité de corriger les faiblesses structurelles de la filière. Il a exhorté les acteurs à mettre en place rapidement un cadre interprofessionnel solide, capable d’anticiper les déséquilibres entre offre locale et importations. Cette réaction bien que tardive s’inscrit pleinement dans la promotion Stratégie de la politique d’import-substitution prônée par le gouvernement. L’objectif étant de produire camerounais, consommer camerounais et bâtir une véritable souveraineté alimentaire. Les acteurs camerounais de la filière maïs peuvent désormais être confiants en attendant la mise en œuvre effective de ces mesures sur le terrain et leur impact direct sur le revenu des producteurs locaux.
Antoine MBOE AKOA
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