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CAMEROUN : PÉTROLE LAMPANT ; ENTRE PÉNURIE, RATIONNEMENT, SPÉCULATION ET ESCROQUERIE

 

 

Le prix officiel du pétrole lampant au Cameroun est fixé à 350 FCFA par litre par la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (CSPH). Pourtant, à Yaoundé, ce produit de base est vendu jusqu’à 10000 FCFA pour 10 litres, soit plus du triple du tarif réglementaire, conséquence directe du rationnement et de la spéculation.

 

Pénurie apparente et files interminables

À Yaoundé, la scène est devenue familière : des files d’attente interminables devant les stations-service, des bidons et des galons alignés en ordre d’arrivée, et des populations scrutant la moindre goutte de pétrole lampant. Pourtant, cette pénurie n’est pas due à une disparition du produit, mais à une spéculation organisée. Le prix officiel est de 350 FCFA/litre, mais dans la pratique, les consommateurs se voient proposer des lots de 10 litres à 10000 FCFA, soit près de trois fois le tarif réglementaire. Les ménages modestes, qui dépendent de ce carburant pour l’éclairage et la cuisson, se retrouvent exclus, incapables de suivre cette flambée artificielle des prix. La rareté devient ainsi un instrument de profit pour certains acteurs, au détriment des plus vulnérables.

Rationnement et pratiques douteuses

Selon la Société Camerounaise de Dépôt Pétrolier (SCDP), il n’existe pas de véritable pénurie, mais une diminution des quantités disponibles qui conduit à un rationnement dans les grandes villes. Ce rationnement, censé équilibrer la distribution, ouvre paradoxalement la voie à des pratiques douteuses. Les gérants de stations-service réservent les stocks aux « gros clients », notamment les boulangers et industriels utilisant des hauts fourneaux. Les particuliers, eux, doivent patienter des heures ou se contenter de prix exorbitants imposés par des intermédiaires. Ce système crée une fracture sociale : les acteurs économiques puissants sécurisent leur approvisionnement, tandis que les ménages ordinaires sont relégués à la marge, dépendants d’un marché parallèle où l’escroquerie prospère.

 Spéculation et impact socio-économique

La spéculation autour du pétrole lampant illustre les dérives d’un marché où la régulation peine à s’imposer. Les prix officiels fixés par la CSPH sont ignorés, et les consommateurs paient le prix fort d’un produit pourtant essentiel. Cette situation engendre une inflation indirecte : les boulangers, par exemple, grand consommateur de ce produit sont les privilégiés dans le service. Chose normale vu leur utilité dans les chaine d’approvisionnement des produits de base dans notre économie. Ceux-ci sont prioritaire dans la distribution, mais une augmentation officieuse du prix du pétrole, même pour eux pourrait avoir des conséquence désastreuse pour l’économie tout entière. Ils répercuteraient le coût du carburant sur le prix du pain (des produits moins dense et un grammage pas toujours respecté), accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

Au-delà de l’économie domestique, c’est la confiance dans les institutions qui s’érode, car la population constate un décalage entre les déclarations officielles de disponibilité et la réalité des stations-service. La pénurie organisée devient ainsi un symbole de la fragilité du système de distribution, où rationnement, spéculation et escroquerie se conjuguent pour 

Nanga Paul

 

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