CAMEROUN : ENTRE SORCELLERIE, ARGENT ET POUVOIR, QUE DEVIENNENT LES ENFANTS DISPARUS?

Depuis quelques années, le Cameroun vit au rythme des avis de recherche concernant des enfants disparus. Pas une semaine ne passe sans que les médias et les réseaux sociaux ne relaient l’alerte d’une famille en détresse. Ce phénomène, qui touche principalement les enfants âgés de 0 à 13 ans, suscite une inquiétude croissante dans l’opinion publique. Les causes de ces disparitions sont multiples et souvent obscures : pratiques occultes, trafics organisés, ou encore motivations personnelles liées à l’incapacité d’enfanter. Mais au-delà des hypothèses, la réalité est que des familles entières sont plongées dans l’angoisse et que la société camerounaise se retrouve fragilisée par cette insécurité.

Un phénomène qui se généralise
Certains cas emblématiques illustrent la gravité du phénomène. Il y a quelques années, dans le deuxième arrondissement de Yaoundé, une fillette scolarisée dans un établissement confessionnel a été enlevée par sa propre tante. Grâce à sa vivacité et son courage, elle a réussi à s’évader de sa cellule de fortune et à parcourir plus de trois kilomètres au pas de course pour retrouver son école et demander de l’aide. Cet épisode dramatique démontre que les ravisseurs ne sont pas toujours des inconnus, mais parfois des proches, ce qui rend la menace encore plus insidieuse. La confiance familiale et communautaire se trouve ainsi ébranlée, accentuant le sentiment d’insécurité généralisée.
D’autres affaires révèlent l’implication de jeunes garçons manipulés par des adultes sans scrupules. Ces derniers leur passent des « commandes » macabres, transformant les enfants en gibiers d’un autre genre. Pris en flagrant délit, certains de ces jeunes ont été arrêtés avec des preuves accablantes, confirmant l’existence de réseaux organisés. Les grosses cylindrées aux vitres teintées, souvent aperçues lors de ces enlèvements, témoignent de la logistique mise en place pour mener ces opérations. Ce mode opératoire sophistiqué laisse penser que le phénomène dépasse le simple acte isolé et s’inscrit dans une dynamique criminelle structurée.
Les motivations derrière ces rapts sont diverses et inquiétantes. Certaines femmes en mal d’enfantement se sont illustrées dans ce type d’activité, cherchant à combler un vide affectif par des moyens illégaux. Mais cette catégorie reste minoritaire face aux pratiques occultes et ésotériques qui semblent alimenter une partie des disparitions. La recherche de pouvoir, de richesse ou même de jeunesse éternelle est souvent évoquée comme justification de ces actes. Ces croyances, profondément ancrées dans certaines sphères, transforment les enfants en victimes d’un système où la vie humaine est instrumentalisée pour des fins mystiques.
Les jeunes filles sont le cibles privilégié ont se souvient de la triste série noire qu’il y a eu au quartier Mimboman il y a quelques années, où les corps de jeunes filles mutilés étaient découverts ça et là. Selon nos recherche, les jeunes enfants seraient porteurs d’une élixir de jouvence nommée L’adrénochrome, qui est un composé chimique issu de l'oxydation de l'hormone adrénaline. Bien qu'elle existe naturellement dans l'organisme, elle est devenue le sujet d'une théorie majeure, affirmant qu'elle serait une drogue de jouvence extraite du sang d'enfants torturés. Elle procurerait aux bourreaux des année de vie supplémentaire. Années de vie supplémentaires dont rêve les hommes les plus puissant de ce monde.
Au niveau social, ce phénomène fragilise le tissu communautaire et accentue la peur collective. Les parents vivent dans une vigilance permanente, craignant pour la sécurité de leurs enfants à l’école, dans les quartiers ou même au sein de la famille. Les institutions éducatives et religieuses, censées être des espaces de protection, se retrouvent elles aussi exposées. Cette insécurité affecte la confiance dans les structures sociales et met en lumière les failles dans la protection de l’enfance au Cameroun. La société se retrouve ainsi confrontée à une crise morale et sécuritaire qui exige des réponses urgentes.
Face à cette menace, la réaction des autorités et de la société civile doit être à la hauteur. Le renforcement des dispositifs de sécurité dans les écoles, la sensibilisation des familles et la lutte contre les réseaux criminels sont des impératifs. Mais au-delà des mesures répressives, il est nécessaire d’engager une réflexion profonde sur les croyances et pratiques qui alimentent ces rapts. La protection de l’enfance doit devenir une priorité nationale, car un pays qui ne protège pas ses enfants compromet son avenir. Le Cameroun ne peut rester indifférent à ce fléau qui gangrène silencieusement son développement social et moral.
Gontran Eloundou
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