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Photo belle mère et  belle fille

 BELLE‑MÈRE ET BELLE‑FILLE : UN CONFLIT AU CŒUR DU FOYER

 

Un paradoxe affectif.
Au Cameroun, comme ailleurs, le conflit entre belle‑mère et belle‑fille est un phénomène récurrent. Pourtant, ces deux femmes partagent un intérêt commun : l’épanouissement d’un homme, fils pour l’une et époux pour l’autre. L’amour pour cet homme devrait être le ciment de leur relation, mais il se transforme souvent en rivalité. La belle‑fille, nouvellement intégrée dans une famille, aspire à construire son foyer et à occuper une place centrale auprès de son mari. La belle‑mère, quant à elle, reste attachée à son fils et se méfie de celle qu’elle considère parfois comme une étrangère.

La belle‑fille, une étrangère devenue épouse.
La belle‑fille est cette femme qui accepte de partager la vie d’un homme rencontré par hasard ou par choix. En entrant dans sa nouvelle famille, elle reste perçue comme une étrangère. Dans un monde idéal, elle devrait être accueillie avec joie et respect, car elle incarne le choix du cœur du fils. Mais lorsqu’elle fonde un foyer, elle revendique un rôle de « nouvelle mère » pour son époux, en veillant à son bien‑être matériel et affectif. Cette volonté d’occuper tous les espaces peut être perçue comme une mise à l’écart de la belle‑mère, considérée alors comme une rivale.

La belle‑mère, gardienne des intérêts familiaux.
La belle‑mère est avant tout une mère soucieuse du bonheur de son enfant. Elle prétend le connaître mieux que quiconque et veut s’assurer qu’il a choisi « la meilleure » épouse. Autrefois, les mères sélectionnaient elles‑mêmes les belles‑filles, après de véritables enquêtes de moralité et de généalogie. Aujourd’hui, le fils revendique sa liberté de choix, mais la mère conserve un droit de regard. Forte de son expérience en tant que femme et épouse, elle décèle parfois des signes de manipulation ou un manque d’honnêteté chez la belle‑fille, ce qui nourrit sa méfiance.

 Un combat tacite autour de l’homme.
Pris entre deux feux, l’homme devient la victime d’un combat silencieux. Devant lui, les deux femmes affichent une paix apparente, mais en intimité chacune exprime son courroux : l’épouse réclame son exclusivité, la mère impose ses conseils et ses avertissements. Cette tension engendre une solitude pour l’époux, qui se retrouve isolé et fragilisé. Les enfants, eux aussi, subissent les conséquences : privés parfois de la chaleur de leur grand‑mère, ils deviennent les otages d’un conflit générationnel.

Quand l’entente devient manipulation.
Dans les rares cas où belle‑mère et belle‑fille s’entendent, c’est souvent l’homme qui en paie le prix. Pris en étau entre deux complices, il perd sa liberté et devient une « balle de tennis » que l’on se renvoie. La relation belle‑mère/belle‑fille reste donc un sujet de curiosité sociale : l’exception est l’harmonie, la règle est la guerre.

 L’art de l’équilibre.
Au final, la clé réside dans la capacité de l’homme à jouer les équilibristes. Il doit savoir gérer les tensions, écouter sans se laisser manipuler, et construire son foyer en respectant à la fois son épouse et sa mère. La relation belle‑mère/belle‑fille est un miroir des dynamiques familiales et sociales, révélant les fragilités mais aussi les possibles chemins vers l’apaisement.

 Gontran Eloundou


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