CAMEROUN : LE GOUVERNEMENT ET LE HCR SCELLENT LES MODALITÉS DE RETOUR DES RÉFUGIÉS CENTRAFRICAINS
Le ministre de l’Administration territoriale (MINAT), Paul Atanga Nji, et la Représentante résidente du HCR, Yvette Muhimpundu, se sont accordés le 29 mai 2026 à Yaoundé sur les modalités pratiques du rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains installés au Cameroun. Ce processus, qui concerne des milliers de personnes exilées depuis plus d'une décennie, devrait débuter dans les prochains jours.

Au cours de cette audience tenue au siège du MINAT à Yaoundé, les deux parties ont passé en revue la situation des réfugiés et surtout défini les modalités pratiques du retour volontaire de ceux qui souhaitent regagner la République Centrafricaine. Madame Muhimpundu a vivement salué l’hospitalité continue et l’engagement exemplaire du gouvernement camerounais, qui accueille des réfugiés depuis plus de dix ans. Elle a également souligné les progrès réalisés en matière de protection et de prise en charge des personnes déplacées. Selon les informations du HCR, 10 000 à 20 000 réfugiés centrafricains pourraient rentrer volontairement au cours de l’année 2026. Le Cameroun héberge actuellement près de 332 000 réfugiés centrafricains, ce qui en fait le premier pays d’accueil de cette nationalité en Afrique. Ces retours s’inscrivent dans le cadre de l’accord tripartite signé en 2016 entre le Cameroun, la République Centrafricaine et le HCR. Depuis 2019, plus de 22 000 réfugiés ont déjà regagné leur pays d’origine de manière volontaire. En 2025, entre 9 000 et 12 000 retours, ont été enregistrés. Pour ce faire, chaque candidat au retour est informé des conditions sécuritaires dans sa zone d’origine et doit exprimer son consentement libre et éclairé. Ceux qui préfèrent rester au Cameroun conservent leur statut de réfugié et continuent de bénéficier de la protection qui leur est assurée par les autorités locales. Le Cameroun figure parmi les principaux pays d’accueil de réfugiés en Afrique, avec des populations venues principalement de la République Centrafricaine et du Nigeria. La majorité des Centrafricains sont installés dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord, souvent intégrés au sein des communautés locales plutôt que dans des camps formels. Cette nouvelle phase de rapatriement intervient alors que la situation sécuritaire s’améliore progressivement dans certaines régions de Centrafrique, même si des défis persistent. Le HCR s’est engagé à apporter un soutien logistique et financier complet allant du transport aux allocations de réinstallation en passant par des kits de retour et une assistance à la réinsertion pour les réfugiés qui expriment le besoin de regagner leur pays.
Notons aussi que même si la République Centrafricaine ne présente pas encore les conditions de paix totale, ce sont les améliorations progressives dans certaines régions, combinées à des accords de paix et à une volonté politique tournée vers l’apaisement observés depuis 2024 qui rendent possibles ces retours volontaires en 2026. Le processus reste néanmoins prudent et vise précisément les zones les plus stables.
Par Antoine MBOE AKOA
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