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CAMEROUN : ENEO PARTI, SOCADEL VENU, LES DÉLESTAGES CONTINUENT.

La création de la SOCADEL, censée marquer une rupture avec les insuffisances d’ENEO, n’a pas mis fin aux délestages qui paralysent le quotidien des Camerounais. Dans les quartiers de Yaoundé comme dans les villages reculés, les coupures intempestives persistent, plongeant les foyers dans l’obscurité et les entreprises dans l’incertitude. Les promesses de modernisation et de transparence semblent encore lointaines face à une réalité marquée par l’instabilité énergétique. Les étudiants révisent à la lumière des bougies, les commerçants perdent des marchandises faute de réfrigération, et les ménages s’épuisent à jongler entre générateurs et factures exorbitantes. La SOCADEL, malgré son ambition affichée, peine à convaincre qu’elle incarne une véritable renaissance. Les délestages sont devenus le symbole d’un secteur incapable de répondre aux besoins d’un pays en quête de développement.

Au‑delà des infrastructures vieillissantes, c’est la gouvernance du secteur qui interroge. Les Camerounais espéraient que le départ d’ENEO ouvrirait une nouvelle ère, mais les pratiques semblent se répéter. Les délestages prolongés traduisent une absence de planification stratégique et une incapacité à anticiper la demande croissante. Les populations dénoncent une réforme de façade, où le changement de nom n’a pas suffi à transformer la réalité. Les autorités parlent de transition et de réorganisation, mais sur le terrain, les usagers ne voient que l’obscurité. La SOCADEL doit prouver qu’elle n’est pas une copie conforme de son prédécesseur, sinon elle risque de perdre la confiance des citoyens. Les délestages, loin d’être un simple désagrément, sont devenus un frein majeur à l’économie nationale et à la qualité de vie.

La dénonciation des délestages n’est pas seulement un cri de colère, c’est un appel à l’action. Le Cameroun ne peut prétendre à une industrialisation ou à une modernisation sans une énergie fiable et accessible. La SOCADEL doit investir dans la maintenance, diversifier les sources de production et instaurer une culture de responsabilité. Les délestages ne doivent plus être perçus comme une fatalité, mais comme un défi à relever avec urgence. Sans une réforme profonde, le pays restera prisonnier d’un cercle vicieux où l’électricité est un luxe et non un droit. Les Camerounais attendent des actes concrets, pas des discours. Tant que les coupures continueront, la SOCADEL restera associée à l’échec, et l’espoir d’un Cameroun éclairé demeurera une promesse non tenue.

Gontran Eloundou
Analyste politique

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