Remaniement 2026 : De DODO NDOKE à Fru Calistus Gentry, au MINMIDT Paul Biya va-t-il opter pour le statu quo ?
Le Ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique est l'un des départements les plus stratégiques du gouvernement camerounais. Sa mission est de développer l'exploitation minière, d'accélérer l'industrialisation et de stimuler l'innovation technologique, autant de leviers essentiels pour diversifier l'économie nationale et réduire la dépendance aux importations. Depuis le décès de Gabriel Dodo Ndoke, ce portefeuille est géré par Fru Calistus Gentry, ministre intérimaire, ce qui ouvre un débat sur l'héritage laissé par Dodo Ndoke et sur la capacité de Gentry à poursuivre ou à transformer cette dynamique.
Le parcours et l'héritage de Gabriel Dodo Ndoke

Nommé à la tête du ministère dans un contexte où le Cameroun cherchait à valoriser ses ressources minières, Gabriel Dodo Ndoke s'est attaché à renforcer la régulation du secteur et à attirer des investisseurs. Son action a été marquée par une volonté de transparence dans l'attribution des permis miniers et par une politique de valorisation des ressources locales. Il a également œuvré pour une meilleure articulation entre exploitation minière et protection de l'environnement, un équilibre difficile à maintenir dans un secteur souvent réfléchi pour ses impacts écologiques.
Sur le plan industriel, Dodo Ndoke a encouragé la création de petites et moyennes unités de transformation, afin de limiter l'exportation brute des matières premières et de favoriser la valeur ajoutée locale. Son bilan reste contrasté : des avancées dans la structuration du secteur minier, mais des défis persistants en matière de gouvernance et de lutte contre les exploitations illégales. Sa disparition a laissé un vide, mais aussi un héritage de réformes amoureuses qui dureront une continuité.
La transition assurée par Fru Calistus Gentry

Depuis la mort de Dodo Ndoke, Fru Calistus Gentry assure l’intérim au ministère. Son profil, marqué par une longue expérience politique et administrative, lui a permis de maintenir une certaine stabilité dans la gestion du département. Gentry s’est concentré sur la poursuite des projets en cours, notamment la modernisation des cadres réglementaires et le suivi des partenariats internationaux. Il a également mis l’accent sur l’innovation technologique, en cherchant à intégrer davantage de solutions numériques dans la gestion des mines et de l’industrie.
Toutefois, son action reste limitée par la nature intérimaire de son mandat. Si Gentry a su préserver la continuité, il n’a pas eu la latitude nécessaire pour engager de grandes réformes structurelles. Son bilan est donc celui d’un gestionnaire prudent, garant de la stabilité, mais dont l’avenir dépendra des choix politiques du président Paul Biya lors du prochain remaniement.
Missions remplies ou défis persistants ?
Les deux ministres ont contribué à renforcer la visibilité du secteur minier et industriel, mais les missions assignées au ministère ne sont pas encore pleinement accomplies. La diversification de l’économie reste un objectif lointain, l’industrialisation peine à s’imposer comme moteur de croissance, et l’innovation technologique demeure embryonnaire. Si Dodo Ndoke a posé les bases d’une gouvernance plus transparente et si Gentry a assuré la continuité, les défis structurels exigent une vision plus audacieuse et des moyens renforcés.
Vers une reconduction ou un changement ?
La question centrale est de savoir si Fru Calistus Gentry sera confirmé à la tête du ministère ou remplacé par une nouvelle figure. Sa loyauté politique et sa capacité à maintenir l’équilibre institutionnel plaident en faveur de sa reconduction. Mais la volonté de renouveler l’équipe gouvernementale et d’apporter un souffle nouveau pourrait conduire à l’arrivée d’un autre profil, plus orienté vers l’innovation et la transformation industrielle.
Le choix du président Paul Biya sera déterminant. S’il privilégie la stabilité, Gentry pourrait continuer son action et consolider l’héritage de Dodo Ndoke. S’il opte pour le changement, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique pourrait connaître une nouvelle orientation, avec un accent plus marqué sur la modernisation et la compétitivité internationale.
Le passage de Gabriel Dodo Ndoke et la transition assurée par Fru Calistus Gentry illustrent les défis permanents du secteur minier et industriel au Cameroun. Entre héritage de réformes et gestion intérimaire, le ministère se trouve à un tournant. La décision de reconduire Gentry ou de nommer un nouveau ministre sera un signal fort sur la direction que le gouvernement souhaite donner à l’exploitation minière, à l’industrialisation et à l’innovation technologique. Dans tous les cas, l’avenir de ce département ministériel reste au cœur des enjeux du développement économique national.
Gontran Eloundou
Analyste politique
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