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Remaniement ministériel 2026: Bilan de Mounouna Foutsou au NINJEC.

 

Le passage de Mounouna Foutsou à la tête du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique s’est caractérisé par une forte mobilisation autour des événements symboliques liés à la jeunesse. Chaque année, la célébration du 11 février et les activités du Mois de la jeunesse ont été mises en avant comme des moments de communion nationale. Ces initiatives ont permis de rappeler l’importance de la jeunesse dans la construction de la nation et de renforcer le sentiment d’appartenance civique. Toutefois, cette approche a souvent été perçue comme essentiellement cérémonielle, donnant plus de visibilité aux festivités qu’aux réformes structurelles. Le ministre a ainsi incarné une figure de mobilisation, mais sans parvenir à transformer cette dynamique en politiques durables. Ce bilan souligne une tension entre la communication institutionnelle et l’impact réel sur le terrain.

Sur le plan de l’insertion socio-économique, Mounouna Foutsou a bénéficié de budgets considérables pour financer des programmes destinés à soutenir les jeunes. Les montants investis se comptent en centaines de milliards de FCFA, traduisant une volonté politique affirmée de réduire le chômage et le sous-emploi. Cependant, les résultats concrets sont restés en deçà des attentes, avec une jeunesse toujours confrontée à des difficultés majeures d’accès à l’emploi. Les critiques récurrentes évoquent un échec dans la mise en œuvre des projets, marqué par un déficit de suivi et une faible transparence. Ce constat met en lumière la difficulté de transformer des ressources financières en opportunités réelles pour les jeunes. L’écart entre les ambitions affichées et les résultats obtenus constitue l’un des points les plus sensibles de son bilan.

La visibilité médiatique du ministre s’est construite autour de ses interventions lors des grandes cérémonies et des campagnes de sensibilisation. Ses prises de parole ont souvent insisté sur l’importance du civisme et de la citoyenneté, mais elles ont rarement été accompagnées de mesures concrètes et évaluables. Cette stratégie de communication a renforcé son image de représentant institutionnel, mais elle a aussi alimenté des critiques sur son manque de présence dans les débats de fond. En se concentrant sur les symboles et les discours, Mounouna Foutsou a parfois donné l’impression de privilégier la forme au détriment du contenu. Ce décalage entre la parole et l’action a contribué à fragiliser la perception de son efficacité. Dans un contexte où la jeunesse attend des solutions tangibles, cette orientation a limité l’impact de son mandat.

Les relations avec les associations et les partenaires internationaux ont constitué un autre volet de son action. Le ministre a multiplié les collaborations avec des ONG et des organisations locales pour promouvoir l’engagement civique et soutenir les initiatives communautaires. Ces partenariats ont permis de donner une certaine visibilité aux projets associatifs, mais leur impact réel reste difficile à mesurer. Le manque de mécanismes de suivi et d’évaluation a souvent réduit la portée de ces initiatives. Les associations ont parfois dénoncé une absence de soutien durable et une gestion trop centralisée des ressources. Ce constat révèle une difficulté à instaurer une dynamique participative et transparente. En définitive, la coopération avec les acteurs de terrain n’a pas produit les effets structurants attendus.

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La question de la reconduction de Mounouna Foutsou au gouvernement s’inscrit dans une logique politique propre au régime de Paul Biya. Les décisions de maintien ou de remplacement des ministres ne reposent pas uniquement sur leurs résultats, mais sur des équilibres régionaux et politiques. Originaire de l’Extrême-Nord, Mounouna Foutsou bénéficie d’un poids symbolique lié à la représentation de cette région au sein du gouvernement. Cette dimension géopolitique pourrait jouer en sa faveur malgré les critiques sur son efficacité. Toutefois, la pression croissante liée au chômage des jeunes et les attentes sociales pourraient inciter à un changement. Le choix final dépendra donc davantage des calculs politiques que du bilan objectif de son action. Cette incertitude reflète la manière dont la gouvernance camerounaise articule performance et équilibre régional.

Bilan scientifique du passage de Mounouna Foutsou au Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique au Cameroun, analysant ses actions en matière de mobilisation, d’insertion socio-économique et de relations avec les associations, ainsi que les perspectives de reconduction par Paul Biya dans le cadre des équilibres politiques.

Gontran Eloundou
Analyste politique

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