Accéder au contenu principal

MALI : LES JOURS DU GÉNÉRAL GOÏTA SONT-ILS COMPTÉS ?

Lors de la grande interview accordée au journaliste Christophe Boisbouvier sur la radio France internationale, le député français Bruno Fulsch a affirmé avec assurance que les jours du général Assimi Goïta à la tête du Mali seraient désormais comptés. Selon lui, l’essoufflement d’« Africa Corp », bras armé de la Russie dans les régions sahéliennes, fragilise considérablement la junte au pouvoir. Le Mali, qui vient de subir une tentative de putsch, reste marqué par la mort tragique du ministre de la Défense. Cet événement a poussé le chef de la transition, le général Goïta, à s’octroyer lui-même les responsabilités de ce ministère stratégique. Dans un contexte où les rébellions venues du nord se rapprochent dangereusement de la capitale, la tension politique et sécuritaire demeure palpable.

Le député français, en annonçant avec une telle assurance le départ imminent de la junte, soulève néanmoins des interrogations. Ses propos traduisent une lecture pessimiste de la situation, mais certains observateurs estiment qu’ils relèvent davantage d’une posture politique que d’une analyse objective. La résilience des forces armées maliennes et le soutien d’une partie de la population à la transition rendent incertain le scénario d’un effondrement rapide du régime. Toutefois, l’usure du pouvoir, les divisions internes et l’isolement diplomatique pourraient accélérer l’érosion de l’autorité du général Goïta.

Au‑delà des déclarations de Bruno Fulsch, la question centrale reste celle de l’avenir du Mali dans un environnement régional instable. La multiplication des attaques djihadistes, la fragilité des alliances militaires et la défiance croissante de la communauté internationale mettent Bamako face à un défi existentiel. Le pays doit choisir entre une stratégie de durcissement militaire, qui risque d’accentuer l’isolement, et une ouverture politique susceptible de restaurer la confiance. Dans ce climat incertain, l’avenir du général Goïta apparaît suspendu à la capacité de la junte à convaincre qu’elle peut encore incarner une solution viable pour le Mali.

Gontran Eloundou
Analyste politique

A lire aussi:
SÉNÉGAL : LA RUPTURE ENTRE DIOMAYE FAYE ET OUSMANE SONKO ACTÉE.

Pin It
  • Vues : 463