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Santé

🎀 CANCER DU SEIN : COMPRENDRE, DEPISTER ET MIEUX VIVRE APRES LA MALADIE

Chaque année, Octobre Rose remet le cancer du sein au cœur de l'attention. Derrière le ruban rose se trouve un objectif essentiel : mieux informer pour favoriser une détection précoce, améliorer la prise en charge et accompagner les personnes touchées par la maladie.

Le cancer du sein est l'un des cancers les plus fréquents chez les femmes dans le monde. Il se développe lorsque certaines cellules du sein se multiplient de manière incontrôlée, principalement au niveau des canaux galactophores ou des lobules mammaires. Bien que beaucoup plus rare, il peut également toucher les hommes.

Une maladie aux multiples visages

Il n'existe pas un seul cancer du sein, mais plusieurs formes de la maladie.

Certains cancers sont hormonodépendants, d'autres présentent une surexpression de la protéine HER2, tandis que d'autres sont dits triples négatifs. Cette diversité est importante, car les caractéristiques biologiques de la tumeur participent au choix du traitement.

Les cancers peuvent également être classés selon leur localisation et leur capacité à envahir les tissus voisins. On distingue notamment les carcinomes canalaires ou lobulaires et les formes invasives. Le stade de la maladie permet ensuite d'évaluer son extension, depuis les formes localisées jusqu'au cancer métastatique ayant atteint d'autres organes.

Quels sont les facteurs de risque ?

Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Certains facteurs ne peuvent pas être modifiés.

L'âge, les antécédents personnels ou familiaux et certaines prédispositions génétiques augmentent notamment le risque. Des mutations héréditaires touchant les gènes BRCA1 et BRCA2 sont retrouvées dans une partie des cancers du sein et peuvent considérablement augmenter le risque de développer la maladie.

D'autres facteurs sont associés au mode de vie : consommation d'alcool, tabagisme, surpoids, obésité ou manque d'activité physique. Une exposition hormonale prolongée peut également intervenir dans le risque.

Avoir un ou plusieurs facteurs de risque ne signifie cependant pas qu'une personne développera nécessairement un cancer du sein.

Quels signes doivent alerter ?

Aux premiers stades, le cancer du sein peut être asymptomatique, d'où l'importance du dépistage.

Certains changements doivent néanmoins conduire à consulter : apparition d'une masse dans le sein ou sous l'aisselle, modification de la taille ou de la forme d'un sein, changement de l'aspect de la peau, rougeur ou aspect en « peau d'orange », écoulement inhabituel du mamelon ou encore douleur persistante.

Ces symptômes ne signifient pas systématiquement qu'il s'agit d'un cancer. Des pathologies bénignes peuvent provoquer des manifestations similaires. Leur apparition mérite néanmoins un avis médical.

Le dépistage : détecter la maladie le plus tôt possible

La mammographie constitue un examen majeur pour rechercher des anomalies mammaires, y compris lorsqu'elles ne sont pas encore perceptibles.

Lorsqu'une anomalie est identifiée, d'autres examens peuvent être nécessaires : échographie mammaire, IRM dans certaines situations et surtout biopsie, qui permet d'analyser un prélèvement de tissu afin de déterminer si les cellules sont cancéreuses. Une analyse génétique peut également être proposée dans certaines situations familiales particulières.

L'enjeu est considérable : plus la maladie est identifiée précocement, meilleures sont généralement les possibilités de prise en charge. C'est l'un des principaux messages portés par Octobre Rose.

Des traitements de plus en plus personnalisés

Le traitement dépend du type de cancer, de son stade, des caractéristiques biologiques de la tumeur et de la situation de chaque patiente.

La chirurgie peut consister à retirer uniquement la tumeur ou à réaliser une mastectomie. Selon les situations, elle peut être associée à la radiothérapie et/ou à la chimiothérapie.

Pour les cancers hormonodépendants, une hormonothérapie peut être utilisée. Pour certaines tumeurs HER2 positives, des thérapies ciblées anti-HER2 sont disponibles. L'immunothérapie a également pris une place importante dans la recherche et dans la prise en charge de certaines formes, notamment parmi les cancers triple négatifs.

Les progrès de la génomique, de l'imagerie et de l'analyse des caractéristiques moléculaires des tumeurs permettent progressivement d'aller vers une médecine plus personnalisée.

Après le cancer : la reconstruction fait aussi partie du traitement

La fin des traitements ne signifie pas toujours la fin des difficultés.

Fatigue, douleurs, cicatrices, effets secondaires des traitements et modifications de l'image corporelle peuvent persister. Le cancer peut également laisser des conséquences psychologiques importantes : anxiété, peur de la récidive ou difficultés à retrouver une vie personnelle, familiale et professionnelle normale.

La reconstruction doit donc être considérée dans sa globalité. Chirurgie reconstructrice, kinésithérapie, activité physique adaptée, accompagnement nutritionnel, soutien psychologique et groupes de parole peuvent participer au retour à une meilleure qualité de vie.

Le cancer du sein reste aussi une question d'inégalités

Tous les pays ne disposent pas des mêmes possibilités de dépistage et de traitement.

Dans certaines régions, particulièrement dans les pays disposant de moins de ressources, le diagnostic peut intervenir plus tardivement. Le manque d'équipements, le coût des soins, certains tabous et l'insuffisance des politiques de dépistage compliquent encore la lutte contre la maladie.

Améliorer la situation nécessite donc non seulement des progrès scientifiques, mais également davantage d'éducation à la santé, de professionnels formés, d'équipements et de recherche adaptée aux réalités locales.

🎀 Prévenir, informer et agir

Tous les facteurs de risque ne sont pas évitables. Il reste néanmoins possible d'agir sur certains d'entre eux en maintenant une activité physique régulière, en contrôlant son poids, en limitant la consommation d'alcool et en évitant le tabagisme.

Mais la prévention passe aussi par l'information. Connaître son corps, être attentive à une modification inhabituelle, connaître ses antécédents familiaux et participer au dépistage lorsqu'il est recommandé sont autant de moyens de devenir actrice de sa santé.

Le cancer du sein est une maladie complexe, mais les progrès du dépistage, de la biologie moléculaire et des traitements ont profondément transformé sa prise en charge. Détecter la maladie précocement permet d'améliorer considérablement les possibilités thérapeutiques.

Mais Octobre Rose ne doit pas se résumer à porter du rose pendant un mois. C'est aussi l'occasion de parler du dépistage, de briser les tabous, de soutenir les personnes malades et celles qui se reconstruisent après la maladie, tout en rappelant que toutes les femmes doivent pouvoir bénéficier des progrès de la médecine.

S'informer, observer, consulter, dépister : quatre gestes simples derrière un même objectif, donner au cancer du sein le moins d'avance possible.

 Rita Eloundou

Microbiologiste Pharmaceutique

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