CAMWATER : LES VOIES DE LA MODERNISATION ET DE LA SOUVERAINETÉ.
Chers amis, chers compatriotes,
Depuis plusieurs années, j’analyse, j’écris et j’alerte sur les leviers qui peuvent rendre le Cameroun maître de son destin. Aujourd’hui, je passe à l’étape suivante : je m’engage publiquement dans la voie de la souveraineté tous azimuts. Souveraineté économique, industrielle, numérique, hydrique, alimentaire. Il ne s’agit plus de subir, mais de décider. De produire, de gérer, de protéger ce qui nous appartient. Cet engagement se traduira par des analyses concrètes, des propositions opérationnelles et un soutien aux acteurs publics et privés qui choisissent de servir l’intérêt national avant tout.

La souveraineté ne se décrète pas. Elle se construit. Et ça commence maintenant.
L’eau ne se délègue pas. Elle se gère. Et quand elle concerne 28 millions de Camerounais (environ), elle devient un enjeu de souveraineté nationale.
CAMWATER est à ce carrefour. Entre héritage d’une gestion centralisée et nécessité d’une performance opérationnelle, l’entreprise publique d’eau potable doit aujourd’hui choisir la voie de la modernisation maîtrisée.
1. MODERNISER, CE N’EST PAS PRIVATISER.
C’est professionnaliser. La modernisation de CAMWATER ne passe pas par un abandon de sa mission publique. Elle passe par 3 ruptures fondamentales :
Rupture managériale.
Passer d’une logique de poste à une logique de résultats. Les nominations récentes montrent qu’on peut bouger sans attendre. Il faut maintenant lier responsabilité et évaluation, sur des indicateurs clairs : taux de desserte, taux de recouvrement, temps de réparation des fuites.
Rupture technique :
Digitaliser le comptage, la facturation, la maintenance préventive. Un réseau sans données est un réseau aveugle. Les pertes d’eau non facturées dépassent 40% dans certaines zones.
Chaque point gagné, c’est de l’eau pour 10 000 ménages de plus.
2. Mesures citoyennes pour réduire les pertes en eau.
Dans la partie “rupture technique”, j’ai évoqué les 40% de pertes d’eau non facturées. L’entreprise seule ne peut pas tout. Le citoyen est la première ligne de détection et de contrôle.
Voici 5 mesures simples à mettre en œuvre avec lui :
1. Créer des “brigades citoyennes de l’eau” par quartier.
Des volontaires formés par CAMWATER signalent les fuites visibles, les branchements frauduleux, les compteurs bloqués via une ligne WhatsApp dédiée. Récompense symbolique : certificat de citoyen engagé, réduction de 5% sur la facture du trimestre.
2. Lancer l’application “Signal’Eau”
Géolocalisation + photo d’une fuite ou d’un point de gaspillage → envoi direct au centre CAMWATER le plus proche. Objectif : réduire le délai de réparation de 15 jours à 72h. La transparence sur le temps de traitement est publiée mensuellement.
3. Installer des compteurs intelligents pilotes dans 3 quartiers.
Les ménages volontaires testent le relevé à distance et reçoivent une alerte SMS dès qu’une surconsommation anormale est détectée. Ça permet de repérer les fuites internes avant la facture salée.
4. Campagne “Zéro fuite à la maison” dans les écoles
Sensibiliser les enfants : un robinet qui goutte = 4000L/an perdus. Les écoles gagnantes reçoivent une fontaine publique pour leur quartier. L’éducation crée une pression sociale positive.
5. Contrat de performance de quartier
Si un quartier réduit ses pertes de 10% en 6 mois, CAMWATER réinvestit 50% des économies réalisées dans l’extension du réseau du quartier. Le citoyen voit directement le retour de son effort.
Rupture financière :
Sécuriser les flux. Une entreprise d’eau qui ne recouvre pas ses factures ne peut pas investir. La discipline de recouvrement n’est pas impopulaire : elle est la condition pour étendre le réseau sans dépendre éternellement du budget de l’État.
2. SOUVERAINETÉ, C’EST GARDER LA MAIN SUR LA RESSOURCE.
L’eau est stratégique. La laisser dériver, c’est créer une dépendance. La souveraineté hydrique se joue à 3 niveaux :
Souveraineté opérationnelle : elle a été annoncée par le DG de la CAMWATER lui-même dans une interview.
Former des ingénieurs, des techniciens, des chefs de centre camerounais capables de gérer des stations de traitement et des réseaux complexes sans assistance externe permanente.
Souveraineté industrielle : Prioriser l’achat local pour la tuyauterie, les compteurs, les pièces détachées. Chaque FCFA dépensé localement renforce la chaîne de valeur nationale.
Souveraineté stratégique : Garder la planification, la tarification, et la politique d’investissement sous contrôle public. Les partenariats sont possibles, la perte de pilotage ne l’est pas.
3. LE RÔLE DU MANAGER PUBLIC EN 2026
L’exemple récent de vastes nominations et d’une restructuration interne à CAMWATER montre qu’un manager public peut agir même en période d’incertitude institutionnelle.
Ce modèle doit devenir la norme :
- Décider quand il faut décider.
- Rendre compte sur des résultats mesurables.
- Servir l’usager avant de servir son positionnement.
Un manager qui ne gère pas sa carrière mais son mandat, voilà la condition pour que CAMWATER passe du statut d’entreprise en difficulté à celui d’opérateur de référence.
L’EAU COMME PILIER DU «CAMEROUN 2035».
Moderniser CAMWATER, ce n’est pas un sujet technique. C’est un acte politique. Chaque kilomètre de réseau étendu, chaque fuite réparée, chaque facture recouvrée renforce la souveraineté du pays.
Le Cameroun n’a pas besoin de discours sur l’eau. Il a besoin d’eau au robinet. Et ça commence par une entreprise publique gérée comme un service d’utilité nationale, pas comme une administration en attente.
La voie est tracée. Il faut maintenant la tenir.
ELOUNDOU Joseph Marie
Président du Comité National de Lutte contre l’Inertie
Promoteur du Mouvement Camerounais pour la Souveraineté (MOCASO)
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