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Cameroun: Dans les coulisses du premier parlement au cameroun.

L’histoire de l'Assemblée nationale au Cameroun, est étroitement liée à l’histoire des parlements dans le monde. Evoquer la représentation au Cameroun c'est aussi relater l’évolution coloniale. Bien que le Cameroun n’ayant été colonisé que par l’Allemagne, son histoire parlementaire est associée à l’évolution parlementaire en France. Le Cameroun ayant été placé sous tutelle française et anglaise par l'Organisation des Nations unies à vue se mettre en place une institution de représentation en 1946 Son année de mise sous tutelle.

Le nom Assemblée Nationale apparaît en France au 18e siècle, précisément durant la révolution de 1789. Cette dénomination aura muté en : « chambre des représentants », « Corps législatif », « Chambre des députés ». C’est en 1946 que le nom "Assemblée Nationale" fait son retour comme institutions de la 5ème République française. Cette année 1946, date de mise sous tutelle des territoires coloniaux Allemand anciennement sous mandat de la Société des nations (SDN), puis de l’Organisation des Nations Unis (ONU). C’est le 07 Octobre 1946, que la République française votera la loi qui crée les assemblées dans ses colonies et les territoires sous tutelles.  Le 22 décembre 1946, marque donc la date de création de la première institution de représentation au Cameroun. Il s’agit de l’Assemblée Représentative du Cameroun (ARCAM).

La naissance de l’Assemblée Représentative du Cameroun (ARCAM) est l’application de la loi française du 7 Octobre 1946. L’ARCAM est donc une institution française. L’Assemblée Représentative du Cameroun était composée de 40 membres. Dont 24 Camerounais représentant globalement les 2,5 Millions de camerounais appelés indigènes, et 16 Français représentant à leur tour, les 4000 citoyens métropolitains présents sur le territoire. L’ARCAM fonctionnait sur la base d’un bureau de 7 membres : un président, trois vice-présidents et 3 secrétaires. L’assemblée reposait sur plusieurs commissions. Les commissions de pouvoir, les plus importantes, étaient occupées par les élus français. En effet, 15 élus français sur 16 occupent les 25 positions de pouvoir effectives dans les différentes commissions.

Les commissions moins importantes étaient occupées par les parlementaires dits indigènes. Les différentes commissions étaient : la commission du budget, la commission des grands travaux, la commissions des réformes administratives, la commission des questions sociales, commission des propositions et questions diverses, commission économique, la commission permanentes. Côté indigène, les parlementaires les plus influent de l’ARCAM nous avions : Hamadou Ahidjo, Woungly Massaga, André Marie Mbida, ou Kouoto, Douala Bell, Charles Okala et Njoya Arouna. Du côté des français nous avions : Guyard, Dehon, Lagarde, Gros, Tricou. L’on note que la plupart des parlementaires présent à l’ARCAM, allaient être les principaux acteurs de la vie politique camerounaise.

 On peut aussi remarquer que tous avaient pour particularité d’être très jeunes. Par exemple Le nommée Ahidjo n’avait que 22 ans quand il siégeait déjà au sein de l’ARCAM. Il est celui qui sera président de la République Fédérale du Cameroun, de la République uni du Cameroun et de la République du Cameroun 14 ans plus tard.

 Cette assemblée représentative avait pour rôle de voter les lois principalement sur les questions commerciales et éventuellement de légiférer sur la fiscalité locale. Elle pouvait siéger pour statuer sur les problèmes administratifs mais surtout son rôle était de jeter les bases d’un système administratif copié sur celui de la puissance tutélaire. La spécificité juridique du Cameroun en sa partie francophone, était son application stricte des lois de la France base sur la constitution de la 5ème République. L’histoire de cette première institution parlementaire, demeure peu ou mal connue, les rôles et fonctions de ses acteurs ne sont pas toujours explicités. Ce parlement n’aura eu qu'une durée de 6 ans, il sera remplacé par l’assemblée territoriale du Cameroun en abrégé ATCAM, que nous verrons dans un prochain article.

Nanga Paul

Analyste politique

 

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