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Paul Atanga Nji : bilan critique du Ministre de l'Administration.

Le Ministère de l'Administration territoriale (MINAT) est chargé de la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière d'organisation territoriale, de supervision des collectivités territoriales décentralisées, de l'organisation des élections, de la sécurité intérieure et de la protection civile. Il encadre également les partis politiques et associatifs, et joue un rôle de médiateur dans les crises locales et nationales. En somme, il est le bras politique et sécuritaire de l'État, garant de la continuité institutionnelle et de la cohésion nationale.

L'action de Paul Atanga Nji au sein du gouvernement

Nommé en mars 2018, Paul Atanga Nji s'est imposé comme une figure centrale de la gestion sécuritaire et administrative du Cameroun. Son action peut être réalisée selon plusieurs axes :

  • Administration du territoire : Il a renforcé la présence des autorités administratives dans les régions, multiplié les circulaires et rappelé l'autorité de l'État face aux crises.
  • Organisation des élections : Sous sa supervision, plusieurs scrutins majeurs ont été organisés (présidentielle 2018, législatives et municipales 2020, sénatoriales 2023, présidentielle 2025). Malgré des contestations, le calendrier électoral a été respecté, ce qui témoigne d'une continuité institutionnelle.
  • Sécurité intérieure : Sa gestion a été marquée par une approche ferme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où il a coordonné les forces de maintien de l'ordre pour contenir les violences.
  • Cohésion sociale : Il a multiplié les appels à la paix et à la cohésion nationale, mais son action est souvent perçue comme davantage répressive que médiatrice.
  • Décentralisation : L'encadrement des collectivités territoriales décentralisées reste limité. Beaucoup estiment que la tutelle exercée par le MINAT freine l'autonomie réelle des communes et régions.

Un bilan contrasté

Le bilan de Paul Atanga Nji est marqué par des réussites indéniables : continuité de l'État, organisation régulière des contrôles, maintien de l'ordre dans un contexte de crises multiples. Toutefois, il présente aussi des limites structurelles : une approche sécuritaire jugée rigide, une décentralisation freinée, et une transparence électorale contestée.

Ainsi, son action peut être qualifiée de positive dans la logique de stabilité institutionnelle , mais contrastée au regard des attentes démocratiques et de la gouvernance locale .

Perspectives dans le prochain gouvernement

À l'annonce d'un très prochain gouvernement, la question de la reconduction de Paul Atanga Nji se pose. Selon une partie de l'opinion publique, son profil demeure utile pour la continuité sécuritaire et la fermeté administrative. Mais d'autres voix estiment qu'un nouveau souffle est nécessaire, avec un ministre davantage tourné vers la médiation, la transparence et l'accompagnement réel de la décentralisation.

En définitive, Paul Atanga Nji a joué pleinement son rôle de garant de l'ordre et de la stabilité, mais son avenir politique dépendra de l'orientation que le Président de la République souhaite donner au prochain gouvernement : continuité sécuritaire ou ouverture vers une gouvernance plus inclusive .

Gontran Eloundou
Analyste politique

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